RDC : les États-Unis se désolidarisent du projet paramilitaire minier de Tshisekedi

L’ambassade américaine à Kinshasa a publié mardi 29 avril 2026 un démenti formel, affirmant que Washington ne finance aucune unité de sécurité chargée de surveiller les mines en République démocratique du Congo. Cette mise au point intervient au lendemain de l’annonce, par l’Inspection générale des mines (IGM), d’un projet de force paramilitaire minière dotée d’un budget de 100 millions de dollars, présenté comme fruit d’un partenariat avec les États-Unis et les Émirats arabes unis.

Washington recadre Kinshasa

L’IGM avait détaillé lundi le dispositif envisagé : déploiement d’un premier contingent de 3 000 recrues armées d’ici décembre 2026, avec un objectif de 20 000 gardes miniers couvrant les 22 provinces minières placées sous supervision de l’institution d’ici fin 2028. Chaque recrue devait suivre une formation de six mois avant affectation. L’ambassade américaine a contredit point par point l’implication financière de Washington : « Le gouvernement américain ne finance actuellement aucune unité chargée de patrouiller ou de garder des mines au Congo », a-t-elle indiqué dans un communiqué. L’IGM a rectifié le tir dans la foulée, précisant que le projet ne ferait l’objet d’aucun financement direct de la part d’un pays partenaire.

Minerais stratégiques et compétition géopolitique

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième pour le cuivre. Ces ressources font l’objet d’une compétition géopolitique accrue, notamment entre les États-Unis et la Chine. En mars 2026, Kinshasa a signé un accord distinct avec Pékin visant à renforcer les investissements dans le secteur minier. Le partenariat stratégique conclu entre la RDC et Washington vise à sécuriser l’accès américain aux minerais critiques congolais, alors que l’est du pays reste en proie à une rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par Kigali.

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L’inspecteur général des mines, Rafael Kabengele, avait présenté le dispositif comme un outil pour « éliminer les pratiques contraires à la bonne gouvernance et à la traçabilité des minerais », selon la déclaration de l’IGM publiée lundi. Le financement effectif du projet et la désignation des partenaires restent, à ce stade, sans confirmation officielle.

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