Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé dimanche 26 avril lors d’une interview accordée au journaliste de Vesti Pavel Zarubin que la Russie doit être incluse dans toute architecture de sécurité européenne. Cette déclaration intervient alors que les tensions géopolitiques autour de la définition d’une architecture de défense continentale s’intensifient.
Peskov a rejeté l’idée que la Russie soit présentée comme la principale menace pour l’Europe, arguant que le pays reste « une partie intégrante de l’Europe » malgré sa dimension eurasienne. Selon le porte-parole russe, « aucune architecture de sécurité européenne n’est concevable sans prendre en compte les intérêts de la Russie et sans sa participation ». Peskov a également critiqué les dirigeants européens actuels, jugeant qu’ils seraient remplacés par des « politiciens plus pragmatiques ».
Une Europe redéfinit ses enjeux de sécurité
L’Union européenne travaille actuellement à renforcer son autonomie défensive face à plusieurs défis convergents. Un « arc d’instabilité » s’est formé autour de l’Europe, caractérisé par une montée des rivalités commerciales et une fragilité politique interne, selon une évaluation du Parlement européen datée de janvier 2026. Les trois grandes puissances du continent — France, Allemagne et Royaume-Uni — font face à des gouvernements affaiblis et à la progression de mouvements d’extrême droite.
Les questions de cybersécurité aggravent cet environnement. L’Union a sanctionné en mars dernier trois entités impliquées dans des cyberattaques attribuées à des acteurs russes et chinois, portant à sept le nombre d’entités sous le régime de sanctions cyber européen.
L’absence de consensus sur le modèle de sécurité
La position du Kremlin contraste avec le mouvement européen en faveur d’une plus grande indépendance stratégique. Les États membres de l’UE se préparent à une décennie où ils devront construire une crédibilité défensive autonome, notamment en raison des incertitudes entourant l’engagement américain. Des débats se poursuivent sur le rôle de la dissuasion nucléaire franco-britannique et les capacités de déploiement rapide de l’Union.
Peskov a jugé la constellation politique actuelle « absolument déprimante ». Pour autant, aucune négociation formelle n’a été annoncée entre l’UE et Moscou sur une nouvelle architecture de sécurité continentale.



