Nucléaire iranien : Poutine pointe le manque de confiance mutuelle entre Téhéran et Tel-Aviv

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que Moscou ne dispose d’aucune preuve que l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire, désignant l’absence de confiance entre Téhéran et Tel-Aviv comme le principal obstacle à toute désescalade. Ces propos ont été formulés lors de la session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).

Moscou dit avoir informé Israël à plusieurs reprises

Poutine a précisé que ni la Russie ni l’AIEA ne disposent d’éléments attestant qu’Israël aurait raison de redouter un programme nucléaire militaire iranien, et que Moscou a transmis cette position à plusieurs reprises aux autorités israéliennes. Le chef du Kremlin a reconnu que les inquiétudes de Tel-Aviv sont réelles et connues, mais il a résumé leur origine à une rupture de confiance : « Ce qui pose problème, c’est le manque de confiance mutuelle. »

La Russie a réaffirmé son soutien au droit de l’Iran à développer l’énergie nucléaire à des fins civiles, rappelant qu’elle a construit le réacteur de Bouchehr et signé des contrats pour deux unités supplémentaires.

Israël, puissance nucléaire non déclarée

Bien qu’Israël soit considéré comme une puissance nucléaire depuis les années 1960, il applique une politique d’ambiguïté, ne confirmant officiellement ni l’existence ni les contours de son arsenal. En vertu de cette doctrine, Israël n’a jamais signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), contrairement à l’Iran qui en est signataire.

Cette ambiguïté ne vise pas principalement à dissimuler ses capacités à ses adversaires régionaux, qui opèrent depuis longtemps sur l’hypothèse qu’Israël dispose d’un arsenal nucléaire. Sa valeur est avant tout politique et diplomatique : elle réduit la pression sur les gouvernements arabes et laisse à Washington la latitude de préserver l’avantage stratégique israélien sans avoir à le défendre explicitement dans les forums de non-prolifération.

En mai 2026, trente membres du Congrès américain ont adressé une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio pour exiger que Washington mette fin à son silence sur les capacités nucléaires israéliennes, invoquant la guerre en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran comme raison d’urgence. Rubio n’a pas répondu dans le délai imparti.

Une médiation russe en attente de réponse

Poutine a exprimé sa volonté de participer aux négociations en cours entre Washington et Téhéran. Ces pourparlers, conduits sous médiation omanaise, se poursuivent sans accord formalisé à ce stade. La question du nucléaire israélien, écartée des enceintes internationales depuis des décennies, refait surface comme variable structurelle d’un dossier présenté jusqu’ici comme exclusivement iranien.

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