Sénégal : Le FMI revoit à la baisse la croissance, le ministre de l'économie tempère

Le Fonds monétaire international a revu à la baisse ses projections économiques pour le Sénégal, ramenant la croissance attendue du PIB réel à 2,2 % en 2026, contre 3,0 % projetés en octobre 2025. Ces nouvelles estimations, publiées mardi 14 avril dans le cadre des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, placent le pays bien en deçà de la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne, fixée à 4,3 %.

Une dette non déclarée en arrière-plan

Ces révisions interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Dakar et le FMI. En 2024, l’institution avait suspendu un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars après la découverte d’une dette non déclarée, depuis réévaluée à 13 milliards de dollars. Les deux parties sont depuis en négociation sur un nouveau cadre de financement, dont les contours restent à définir.

Le Sénégal figure ainsi parmi les dossiers sensibles des réunions de printemps, réunissant cette semaine les membres du FMI et de la Banque mondiale.

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Le ministre de l’Économie défend le cap

Face à ces chiffres, le ministre sénégalais de l’Économie et des Finances, Abdourahmane Sarr, a tenu à nuancer la portée des révisions. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, il a mis en avant la trajectoire de « consolidation budgétaire » engagée par le gouvernement, soulignant un « impact limité sur la croissance hors hydrocarbures en 2025 ». Il a également évoqué des résultats positifs au premier trimestre 2026, et la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Sénégal au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour anticiper « une convergence de vues avec le FMI ».

Le gouvernement sénégalais s’appuie sur la mise en œuvre, à partir de 2026, d’un plan de redressement économique et social destiné à stabiliser les finances publiques à moyen terme, tout en maintenant la dette sur une trajectoire descendante. L’issue des négociations en cours avec le FMI sur un nouveau programme de financement devrait constituer le prochain indicateur concret de la crédibilité de cette stratégie.

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