Le directeur général de SIPI-BENIN S.A, Létondji Beheton, et la directrice générale de CDC Bénin, Maryse Lokossou, ont présenté la stratégie industrielle et financière du Bénin lors de l’événement Africa Forward | Inspire & Connect. La rencontre, organisée avec l’appui de Bpifrance, Business France et Proparco dans le cadre d’une initiative portée par les présidents Emmanuel Macron et William Ruto, a servi de tribune pour promouvoir les opportunités d’investissement au Bénin.
Devant des partenaires économiques et financiers internationaux, les deux responsables béninois ont défendu un modèle reposant sur la transformation locale des matières premières, l’industrialisation et la mobilisation de capitaux de long terme. Au centre des échanges figurait la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), présentée comme l’un des principaux instruments de la politique de transformation économique engagée par le gouvernement béninois.
La GDIZ présentée comme moteur de l’industrialisation
Prenant la parole lors du panel, Létondji Beheton est revenu sur son parcours dans les institutions financières internationales avant son retour au Bénin. L’actuel directeur général de SIPI-BENIN S.A a expliqué avoir rejoint l’administration béninoise en 2016 pour participer à l’amélioration du climat des affaires et au développement de projets industriels.
Il a notamment évoqué la montée en puissance de la GDIZ, une zone économique spéciale couvrant 1 640 hectares. Selon les chiffres avancés pendant l’événement, plus de vingt usines y sont actuellement opérationnelles et environ 25 000 emplois auraient déjà été créés. Le responsable de SIPI-BENIN S.A a insisté sur les défis auxquels l’industrialisation reste confrontée sur le continent africain, notamment le coût de l’énergie, l’accès aux financements compétitifs et les besoins en infrastructures logistiques.
Pour répondre à ces contraintes, le Bénin mise sur des investissements dans les infrastructures industrielles, énergétiques et logistiques afin de soutenir la transformation locale des matières premières agricoles. Le pays ambitionne notamment d’accroître la transformation du coton et des noix de cajou sur son territoire. Le Bénin figure parmi les principaux producteurs africains de coton brut.
CDC Bénin défend le rôle des capitaux de long terme
Maryse Lokossou, directrice générale de CDC Bénin, a présenté le rôle de l’institution publique créée en 2018 par l’État béninois. Selon elle, la Caisse des dépôts et consignations du Bénin intervient comme un fonds souverain chargé de mobiliser des ressources longues pour financer des projets stratégiques.
L’ancienne responsable de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a expliqué que l’objectif est de soutenir des investissements capables d’accompagner durablement la transformation de l’économie béninoise. La dirigeante de CDC Bénin a indiqué que les investissements engagés dans la transformation du coton et de la noix de cajou permettent déjà d’augmenter la part des matières premières traitées localement avant exportation.
Selon les données présentées durant l’événement, environ 13 % du coton brut produit au Bénin serait désormais transformé localement, tandis que près de la moitié de la production de noix de cajou destinée à l’exportation ferait l’objet d’une transformation sur place. Les responsables béninois ont également mis en avant les effets attendus de cette stratégie sur l’emploi des jeunes et le développement des compétences industrielles.
Un appel aux investisseurs internationaux
Face aux participants réunis pour Africa Forward | Inspire & Connect, les représentants béninois ont multiplié les appels en direction des investisseurs internationaux. Maryse Lokossou a affirmé que CDC Bénin était disposée à accompagner les porteurs de projets afin de réduire les risques liés aux investissements industriels. Létondji Beheton a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme des investissements pour soutenir les ambitions industrielles du pays.
Les deux responsables ont défendu l’idée d’un écosystème déjà structuré, associant infrastructures industrielles, accompagnement financier et volonté politique. À travers cette participation, le Bénin cherche à renforcer sa visibilité auprès des partenaires étrangers et à attirer de nouveaux investissements dans les secteurs de la transformation industrielle, de l’énergie et des infrastructures.