L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a publié, depuis Paris, le 3 juin 2026, une déclaration officielle en réponse aux propos tenus la veille par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema lors d’un entretien diffusé sur France 24. Par la voix de son mandataire et porte-parole Ali Akbar Onanga Y’Obégué, secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), l’ancien président a démenti plusieurs affirmations du président en exercice et demande l’ouverture d’une enquête indépendante sur des actes de torture allégués.
Oligui écarté des accusations, Ali Bongo exige des investigations
Interrogé la veille sur France 24 dans un entretien bilan d’un an après son élection, Oligui Nguema avait affirmé ne nourrir « aucun problème » à l’égard de son prédécesseur, tout en rejetant les accusations de torture visant sa femme Sylvia et son fils Noureddin, faute de preuves. Il avait déclaré : « J’attends la preuve. Quelqu’un qui a fait un coup d’État sans effusion de sang ne va pas se mettre à torturer les gens. »
Ali Bongo Ondimba répond directement à cette position dans son communiqué : «On n’a pas « aucun problème » avec un homme dont on nie publiquement la torture infligée à l’épouse et au fils, tout en refusant la seule chose qu’un innocent réclamerait : une enquête indépendante. Il dit vouloir des preuves ? Qu’il lance une enquête, nous les remettrons. Elles existent, elles sont documentées et elles ont déjà été remises aux autorités françaises et aux instances des Nations unies.»
La légitimité d’Oligui Nguema mise en cause
L’ancien président conteste aussi la description faite par Oligui Nguema de ses cinq dernières années au pouvoir, au cours desquelles il l’aurait dépeint comme un chef d’État absent et privé de décision réelle. Ali Bongo Ondimba retourne l’argument en pointant la contradiction entre cette lecture et la trajectoire personnelle du président actuel : c’est lui qui aurait nommé Oligui Nguema à la tête de la Garde républicaine et réuni les commandants en chef, dont il faisait partie. «Il ne peut pas, dans la même phrase, me déclarer absent et se déclarer légitime. Qu’il choisisse son mensonge», écrit-il.
Ces allégations de torture ne sont pas nouvelles. En mai 2024, Ali Bongo et deux de ses fils avaient entamé une grève de la faim pour dénoncer la séquestration et les mauvais traitements infligés à des membres de leur famille. L’Union africaine avait, en avril 2025, réclamé leur libération. Sylvia Bongo et Noureddin ont quitté le Gabon en mai 2025, après la levée de leur assignation à résidence. Aucune enquête indépendante sur leurs conditions de détention n’a été annoncée à ce jour par les autorités gabonaises.
Le communiqué précise que des éléments de preuve relatifs aux accusations de torture ont été transmis aux autorités judiciaires françaises ainsi qu’aux instances onusiennes, sans préciser à quelle date ni à quelles entités exactement. La prochaine prise de parole institutionnelle d’Oligui Nguema est programmée le 15 juin 2026, devant le Parlement gabonais.



