Algérie : Ségolène Royal rappelle qu'elle a ouvert la voie avant le revirement de Macron

La crise diplomatique entre la France et l’Algérie a atteint un pic historique en 2025, marquée par des expulsions mutuelles de diplomates et le rappel de l’ambassadeur de France. Alors qu’un dégel s’amorce depuis le début de l’année 2026, Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie (AFA), a revendiqué sur X le 19 mai 2026 la paternité du rapprochement diplomatique en cours entre Paris et Alger, estimant qu’Emmanuel Macron reconnaît désormais ce qu’elle défendait depuis des années.

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 estime que le gouvernement « reconnaît enfin » ce qu’elle avançait sous « le feu de critiques méprisantes » : l’Algérie est un voisin stratégique avec lequel la France doit coopérer. Elle rappelle avoir rétabli le contact avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune dès janvier 2026, peu après sa prise de fonction à la tête de l’AFA, et avoir abordé des dossiers restés bloqués — biens spoliés, archives, extraditions, OQTF et le cas du journaliste Christophe Gleize, incarcéré en Algérie depuis juin 2025.

Un dégel gouvernemental tardif

Le 8 mai 2026, l’envoi de l’ambassadeur français à Alger et la participation de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, aux commémorations de Sétif ont officialisé une reprise des canaux diplomatiques après deux ans de crise. Le 18 mai, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est rendu à Alger pour relancer le dialogue judiciaire, troisième déplacement d’un officiel français en quelques mois.

Pour Royal, ce revirement confirme la pertinence de la ligne qu’elle défendait. La crise avait éclaté en juillet 2024 lorsque Macron avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, provoquant la suspension des relations diplomatiques et des expulsions réciproques de diplomates.

L’Afrique comme miroir

Dans son message, Royal élargit le propos au continent africain, estimant que le recul de la France au Maghreb illustre un comportement condescendant systématique qui a conduit « partout au remplacement de la France ». Elle appelle à reconstruire ces partenariats « avec intelligence et créativité », en interpellant directement Darmanin et Macron.

Plusieurs points de blocage demeurent entre Paris et Alger : la question du Sahara occidental et l’affaire Gleize, condamné à sept ans de prison, restent des dossiers non résolus. La prochaine étape attendue est une visite d’un officiel algérien en France, annoncée comme imminente.

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