Iran : les Émirats échouent à rallier l'Arabie saoudite et le Qatar à une riposte militaire

Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed ben Zayed, a tenté de convaincre ses homologues du Golfe de rejoindre une campagne militaire collective contre l’Iran peu après le déclenchement de la guerre américano-israélienne, le 28 février 2026. Ses démarches n’ont pas abouti : l’Arabie saoudite et le Qatar ont refusé de s’associer à une riposte coordonnée, selon des informations publiées le 15 mai par Bloomberg, citant des personnes proches du dossier.

Des frappes iraniennes qui ont tout déclenché

Dès le 28 février, en réponse aux opérations américaine « Epic Fury » et israélienne « Roaring Lion », l’Iran avait lancé des centaines de missiles balistiques et de drones contre les pays du Golfe abritant des bases militaires américaines. Le Qatar avait été l’une des premières cibles : l’usine de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan, la plus grande au monde, opérée par QatarEnergy, avait été frappée, contraignant l’opérateur à suspendre temporairement sa production. En Arabie saoudite, les infrastructures de raffinage d’Aramco à Ras Tanura avaient également été touchées, tout comme l’ambassade américaine à Riyad, visée par des drones. Les aéroports internationaux de Dubaï et d’Abou Dhabi avaient subi des frappes directes de missiles et de drones iraniens.

C’est dans cette situation que Cheikh Mohammed ben Zayed a multiplié les appels téléphoniques auprès des dirigeants de la région, dont le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, pour plaider en faveur d’une riposte commune. L’administration Trump, consciente de ces démarches, souhaitait que Riyad et Doha s’y joignent, selon Bloomberg.

Deux stratégies divergentes face à Téhéran

Ni Riyad ni Doha n’ont finalement suivi. Le Qatar, après avoir envisagé des représailles, a choisi de ne pas y donner suite. L’Arabie saoudite a opté pour une voie différente : selon Bloomberg, Riyad aurait mené des frappes aériennes contre l’Iran en mars 2026 puis s’est rapidement tournée vers la médiation, soutenant les efforts diplomatiques conduits par le Pakistan. Cette double logique, riposte discrète couplée à un retrait vers la diplomatie, traduit la ligne saoudienne : éviter à tout prix d’être associé publiquement à une guerre aux côtés d’Israël.

Les Émirats, qui avaient de leur côté frappé une raffinerie de pétrole sur l’île iranienne de Lavan début avril 2026, selon Bloomberg, auraient mal vécu d’être écartés du processus de médiation régionale. Abou Dhabi aurait constitué un comité chargé de documenter les dommages causés par les attaques iraniennes sur son sol, en vue d’une éventuelle action en justice. Le 28 avril, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+, effectif dès le 1er mai, dans une situation de tensions avec les autres membres du cartel et de divergences stratégiques avec Riyad depuis le début du conflit.

La pression persiste aux négociations

Les négociations entre Washington et Téhéran, qui patinent depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, se poursuivent sans percée. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré le 5 mai que l’opération militaire américaine était « finie », tout en maintenant la pression sur l’Iran pour qu’il accepte les conditions américaines à la table des négociations.

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