Le substitut du procureur près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, lundi 4 mai 2026 à Cotonou, une peine de 24 mois d’emprisonnement dont trois mois fermes contre Me Magloire Yansunu, avocat au barreau du Bénin. Le ministère public accuse ce professionnel du droit d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux dans un dossier lié à la gestion de fonds confiés par un client, selon Bip Radio.
À l’ouverture de ses réquisitions, le magistrat a rappelé le parcours du prévenu, saluant son engagement professionnel, avant de recentrer les débats sur les faits poursuivis. « Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré, estimant que le dossier dépasse une simple contestation d’honoraires. Le parquet considère qu’il s’agit d’une question de probité dans la gestion des ressources appartenant au client, avec un défaut d’information reproché à l’avocat.
Le parquet écarte une partie des poursuites
Dans ce même dossier, le ministère public a demandé au tribunal de déclarer irrecevable la plainte introduite par un second plaignant. Cette position repose sur l’analyse juridique des faits distincts soumis à la juridiction, toujours selon Bip Radio.
Le litige principal porte sur une somme supérieure à 9 millions de francs CFA, réclamée par le plaignant dans le cadre d’un dossier de licenciement abusif confié à Me Yansunu. Lors d’une audience antérieure, l’avocat avait déjà restitué 6 millions de francs CFA, un élément versé au débat mais qui n’a pas, à ce stade, modifié la qualification pénale retenue par le parquet.
La défense plaide l’incompétence de la CRIET
Les avocats de la défense ont contesté l’analyse du ministère public. L’ancien bâtonnier Prosper Ahounou a soutenu que les deux volets du dossier reposent sur les mêmes fondements, ce qui devrait conduire à une irrecevabilité globale si le raisonnement du parquet est maintenu. Il en déduit que le contentieux relève d’un différend civil et non pénal.
À défaut d’une déclaration d’incompétence de la CRIET, la défense a sollicité la relaxe pure et simple de Me Yansunu. Les conseils du prévenu, notamment Me Éric Dideh et Me Julien Togbadja, ont développé des arguments visant à démontrer l’absence de constitution des infractions d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux.
Le prévenu maintient sa position
Invité à s’exprimer, Me Magloire Yansunu a réaffirmé son innocence. L’avocat a évoqué son parcours professionnel, axé selon lui sur la défense des plus vulnérables, avant de s’en remettre à l’appréciation du tribunal. « Je remets à votre conscience, tout le dossier », a-t-il déclaré à la barre.
Délibéré attendu le 15 juin 2026
À l’issue des débats, la juridiction a renvoyé le dossier au 15 juin 2026 pour le prononcé du délibéré. En attendant cette échéance, Me Magloire Yansunu reste placé en détention provisoire, une mesure en vigueur depuis le 13 avril 2026.
Créée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018, la CRIET est compétente pour juger les infractions économiques et financières, notamment les faits d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux. Le jugement attendu devra trancher sur la qualification des faits et sur la responsabilité pénale du prévenu dans cette affaire.



