Câbles sous-marins : la Chine dévoile sa capacité à paralyser l'internet mondial

Le 11 avril 2026, le navire de recherche chinois Haiyang Dizhi 2 a validé en conditions réelles un dispositif de découpe de câbles sous-marins à 3 500 mètres de profondeur. Le ministère chinois des Ressources naturelles a confirmé le succès de l’opération, faisant de la Chine le premier pays à reconnaître publiquement disposer d’une telle capacité.

L’engin repose sur un actionneur électro-hydrostatique — un système combinant électricité et pression hydraulique — équipé d’une meule diamantée tournant à 1 600 tours par minute. Développé par le Centre de recherche scientifique sur les navires de Chine (CSSRC) et son laboratoire d’État dédié aux véhicules habités en eaux profondes, il est conçu pour sectionner des câbles blindés, renforcés d’acier, de caoutchouc et de polymères. Sa conception compacte lui permet d’être embarqué sur des submersibles télécommandés déjà en service dans la flotte chinoise, dont le Fendouzhe et la série Haidou.

Une profondeur opérationnelle sans précédent

Les 3 500 mètres atteints lors du test dépassent les capacités des systèmes équivalents connus : le ROV japonais MARCAS-V et l’Olympian T2 émirati opèrent tous deux jusqu’à environ 3 000 mètres. Le China Science Daily, organe de presse officiel, a indiqué que l’essai en mer avait franchi « le dernier kilomètre » entre le développement de l’équipement et son application concrète — formulation qui suggère une mise en service opérationnelle imminente.

Les câbles sous-marins acheminent environ 99 % du trafic internet intercontinental et soutiennent quelque 22 000 milliards de dollars de transactions financières quotidiennes, selon les données de l’industrie des télécommunications. Une rupture à grande profondeur mobilise des navires câbliers spécialisés dont les délais d’intervention se comptent en semaines, voire en mois.

Une technologie à double usage qui inquiète les alliés occidentaux

Pékin présente officiellement le dispositif comme un outil civil, destiné à la réparation de pipelines pétroliers et gaziers en eaux profondes ainsi qu’aux opérations de sauvetage. Des analystes du Mercator Institute qualifient néanmoins le test de démonstration stratégique délibérée, signalant la capacité de la Chine à intervenir sur des infrastructures critiques en cas de conflit.

Depuis 2022, une série d’incidents impliquant des navires battant pavillon chinois ou russe en mer Baltique a conduit l’OTAN à lancer l’opération Baltic Sentry, dédiée à la surveillance de ces infrastructures. Le Wall Street Journal relevait en avril 2026 qu’aucun cas d’endommagement intentionnel de câble par un État n’a, à ce stade, été formellement établi.

Aucune échéance officielle n’a été communiquée par Pékin quant au déploiement opérationnel du dispositif.

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