Cameroun : la FECAFOOT défend Samuel Eto'o face aux contestations de sa réélection

Le dossier opposant la Fédération Camerounaise de Football à l’Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF) franchit un nouveau palier juridique. Le mardi 5 mai, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a officiellement déclaré recevable l’appel introduit par les arbitres camerounais, contestant le déroulement du processus électoral de la FECAFOOT du 13 septembre 2025.

La formation arbitrale du TAS indique que le Communiqué N°7/FECAFOOT/CE/2025 de la Commission électorale, qui récapitule les résultats des élections des présidents et vice-présidents des conseils d’administration des ligues départementales ainsi que des délégués aux assemblées générales régionales, est bien considéré comme une « décision » au sens de l’article R47 du Code. Elle précise également que les recours internes ont été épuisés, conformément à l’article R47 du Code et à l’article 73 des Statuts de la FECAFOOT. Le TAS reconnaît par ailleurs à l’ACAF le droit de contester en justice les décisions prises par la fédération. En conséquence, l’appel introduit est jugé formellement recevable.

La FECAFOOT se dit confiante sur le fond

Face à cette décision procédurale, la fédération dirigée par Samuel Eto’o ne compte pas reculer. L’avocat Maître Jim Noah, observateur de la scène sportive camerounaise, a tenu à relativiser la portée juridique de cette étape : « La déclaration de recevabilité d’un appel par le Tribunal Arbitral du Sport ne préjuge pas de la solution du litige au fond. Il s’agit, en termes procéduraux, d’une décision avant dire droit. La FECAFOOT dispose de l’ensemble des moyens de fait et de droit de nature à emporter la conviction de la formation arbitrale. »

La recevabilité de l’appel ne tranche donc pas le litige. Les motifs détaillés de la formation arbitrale sur sa compétence et la recevabilité figureront dans la sentence finale, dont la date n’a pas encore été communiquée.

Une réélection sous pression depuis novembre 2025

Cette procédure devant le TAS prolonge une série de contestations qui accompagnent Samuel Eto’o depuis sa réélection sans concurrent, le 29 novembre 2025, avec 85 voix sur 87. À l’époque, le ministère des Sports avait demandé l’annulation de l’assemblée générale élective, évoquant des irrégularités dans le corps électoral, dont l’intégration présumée de clubs fictifs. Le ministère de l’Administration territoriale avait néanmoins maintenu la tenue du scrutin, sous la supervision d’émissaires de la FIFA et de la CAF.

Depuis, la fédération fait face à plusieurs fronts simultanés : une condamnation en mars 2026 par le TAS dans le dossier opposant la FECAFOOT au Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc), une sanction disciplinaire de la CAF infligée à Eto’o après des incidents lors du quart de finale Maroc – Cameroun de la CAN 2025, et une décision judiciaire du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi ordonnant le remboursement de plus d’un milliard de FCFA à deux agences de voyage créancières. La prochaine étape dans l’affaire ACAF – FECAFOOT sera la sentence finale du TAS, qui statuera cette fois sur le fond du litige.

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