Une étude publiée en 2026 par l’Université Monash (Australie) établit un lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et un risque accru de troubles cognitifs chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées. Les travaux montrent qu’une hausse de 10 % de ces produits dans l’alimentation quotidienne — soit l’équivalent d’un petit sachet de chips — est associée à une dégradation de certaines fonctions mentales.
Dirigée par la chercheuse Barbara Cardoso, l’étude indique que les participants consommant davantage d’aliments ultra-transformés présentent une attention moins performante et un score de risque de démence plus élevé. « Notre étude a montré que la consommation d’aliments ultra-transformés était associée à une moins bonne attention et à un risque plus élevé de démence chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées », a-t-elle déclaré.
Une baisse mesurable de l’attention
Les résultats montrent qu’une augmentation progressive de la part d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation est associée à une diminution des performances cognitives, notamment en matière de concentration. Chaque hausse de 10 % de ces produits correspond à un recul significatif des scores d’attention, selon les données analysées.
« Notre étude a montré que la consommation d’aliments ultra-transformés était associée à une moins bonne attention et à un risque plus élevé de démence chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées », a déclaré Barbara Cardoso, principale auteure de l’étude.
Les chercheurs précisent toutefois que leurs travaux établissent une corrélation et non un lien de causalité direct. L’association observée n’a pas été modifiée chez les participants suivant un régime alimentaire riche en végétaux, ce qui suggère un effet propre au degré de transformation des aliments.
Un impact potentiel indirect sur la santé cérébrale
L’étude s’appuie sur un outil validé permettant d’estimer le risque de démence à horizon de vingt ans. Une augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés est liée à une progression du score de risque sur une échelle de 0 à 7.
Les auteurs évoquent plusieurs mécanismes possibles. Ces produits sont associés à des déséquilibres du microbiote intestinal et à des perturbations du système endocrinien. Ils sont également liés à des pathologies comme le diabète, l’hypertension ou l’obésité, reconnues comme facteurs de risque de troubles cognitifs.
Interrogé sur ces résultats, W. Taylor Kimberly, professeur de neurologie à la faculté de médecine de Harvard, estime que ces données renforcent les travaux existants sur les effets des aliments ultra-transformés sur le cerveau.
Des résultats qui s’inscrivent dans des recherches déjà publiées
Plusieurs études antérieures avaient déjà établi un lien entre une forte consommation d’aliments ultra-transformés et un déclin plus rapide des fonctions cognitives. Des travaux menés aux États-Unis, au Brésil ou au Royaume-Uni ont notamment associé ces produits à une dégradation des capacités exécutives et à un risque accru de troubles neurodégénératifs.
Selon les données disponibles en Australie, ces aliments représentent environ 42 % de l’apport alimentaire quotidien. Les chercheurs estiment que la réduction de leur consommation, notamment à l’âge moyen, pourrait constituer un levier d’action avant l’apparition de troubles neurologiques.



