Ebola Bundibugyo : Royaume-Uni, Inde et Russie mobilisés dans la course au vaccin

Face à une épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo qui a fait plus de 1 200 cas suspects et au moins 241 morts en République démocratique du Congo et en Ouganda depuis le 15 mai 2026, trois pays se sont positionnés pour combler un vide vaccinal critique : aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour contre cette variante du virus.

L’Agence sanitaire de l’Union africaine, l’Africa CDC, a pris un engagement public le 28 mai. Son directeur général, Jean Kaseya, a déclaré lors d’un briefing en ligne : « Ce dont nous sommes certains, c’est que d’ici à la fin de l’année 2026, l’Africa CDC s’assurera que nous disposons d’un vaccin et d’un médicament contre Bundibugyo. » Cet engagement s’appuie sur plusieurs pistes de recherche déjà engagées à l’international.

Oxford et le Serum Institute, candidats prioritaires de l’OMS

Le tandem britannique et indien constitue la piste la plus avancée. L’Oxford Vaccine Group travaille avec le Serum Institute of India pour produire le ChAdOx1 BDBV, un vaccin candidat reposant sur la même plateforme technologique que le vaccin Oxford/AstraZeneca contre la Covid-19. La production de doses a démarré dès l’annonce de l’épidémie, dans le cadre du dispositif d’intervention d’urgence du Serum Institute, en partenariat avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI). L’OMS a recommandé ce candidat en priorité le 28 mai, estimant qu’il pourrait être prêt pour des essais cliniques d’efficacité dans un délai de deux à trois mois, sous réserve de la finalisation de données précliniques sur l’animal.

Moscou en négociation, Merck en retrait

La Russie a signalé disposer d’un vaccin déjà développé. Jean Kaseya a indiqué avoir reçu un message du ministère russe de la Santé en ce sens. L’Africa CDC a précisé que le sérum russe ciblerait la souche Zaïre du virus, et non Bundibugyo, des discussions étant en cours avec des chercheurs russes pour évaluer une éventuelle efficacité croisée. Une troisième piste, portée par l’Université du Texas avec une technologie similaire à celle du vaccin Ervebo de Merck, en est au stade des discussions préliminaires après des résultats prometteurs sur des primates non humains publiés en 2023.

L’OMS a déclaré l’épidémie urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026. Les essais cliniques du candidat Oxford/Serum Institute pourraient démarrer à partir d’août 2026, si les données animales complémentaires requises sont validées dans les délais prévus.

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