Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré, lors de l’Africa CEO Forum, que les tensions dans le détroit d’Ormuz liées à la guerre en Iran pourraient avoir des répercussions économiques sur le continent africain. Le chef de l’État s’exprimait sur l’évolution des marchés énergétiques mondiaux et la hausse des prix du pétrole observée depuis l’intensification des tensions au Moyen-Orient.
Le président gabonais a appelé les acteurs africains à adapter leur stratégie économique face à ce contexte. « La guerre en Iran, dans le détroit d’ormuz, devrait tous nous interpeller à travailler deux fois plus », a-t-il déclaré devant les participants du forum. Il a souligné que l’augmentation des coûts du pétrole modifie les équilibres économiques internationaux, avec des effets directs sur les pays importateurs et exportateurs.
Hausse des prix de l’énergie et répercussions régionales
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, zone stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial, ont entraîné une volatilité accrue sur les marchés énergétiques. Plusieurs analystes du secteur estiment que les fluctuations du brut influencent directement les coûts de transport et d’importation dans de nombreuses économies africaines, fortement dépendantes des importations de produits raffinés.
Dans ce contexte, Oligui Nguema a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de ne pas adopter une posture passive face aux évolutions du marché. Il a toutefois rejeté toute logique consistant à tirer avantage des crises internationales au détriment d’autres régions. « Je ne suis pas de ceux qui disent “le malheur des uns, fait le bonheur des autres” », a-t-il précisé.
Un continent doté d’atouts énergétiques structurels
L’Afrique dispose de plusieurs pôles de production pétrolière et gazière, répartis entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique du Nord. Le Nigeria, l’Angola, l’Algérie ou encore le Gabon figurent parmi les principaux producteurs du continent. Ces pays possèdent des réserves importantes, mais restent confrontés à une dépendance aux exportations de pétrole brut et à une faible capacité de raffinage local.
Selon les données de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), une part significative des exportations africaines est encore destinée aux marchés internationaux sans transformation locale. Cette configuration limite la captation de valeur ajoutée sur le continent et expose les économies aux variations des prix mondiaux.
Renforcer le stockage et la transformation locale
Face à ces fragilités, plusieurs experts du secteur pétrolier africain évoquent la nécessité de développer des capacités de stockage stratégique. Certains pays envisagent la mise en place de réserves nationales de pétrole afin de stabiliser l’approvisionnement en cas de choc externe. D’autres pistes portent sur la mutualisation de stocks à l’échelle régionale, notamment au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale.
Le développement du raffinage constitue également un enjeu central. Et dans ce sens, le milliardaire nigérian Aliko Dangote a montré la voie avec sa méga raffinerie de pétrole. L’Afrique importe encore une part importante de ses carburants, malgré ses ressources en brut.
La modernisation des infrastructures existantes et la construction de nouvelles raffineries régionales sont régulièrement évoquées par les autorités comme une réponse aux déséquilibres structurels du secteur. L’Africa CEO Forum a servi de cadre stratégique pour discuter sur les questions de sécurité énergétique et d’investissement dans les infrastructures, alors que plusieurs pays africains cherchent à réduire leur exposition aux chocs extérieurs liés au marché mondial du pétrole.


