L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a défendu ce lundi 25 mai la reprise du dialogue entre Paris et Alger malgré les tensions diplomatiques persistantes entre les deux pays. Invité de France Inter, le diplomate a estimé que discuter avec les autorités algériennes relevait d’une « nécessité », tout en appelant à davantage de respect mutuel dans les échanges bilatéraux.
De retour à Alger depuis le 8 mai, après avoir été rappelé à Paris près d’un an plus tôt sur décision du président français Emmanuel Macron, Stéphane Romatet a affirmé que le dialogue ne devait pas être interprété comme une marque de faiblesse. « Discuter avec l’Algérie, ce n’est pas faire preuve de faiblesse », a-t-il déclaré sur la radio publique française.
Les relations entre les deux pays traversent une crise diplomatique depuis l’été 2024. Le soutien affiché par Paris au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental avait provoqué une vive réaction des autorités algériennes. Plusieurs épisodes sont ensuite venus accentuer les tensions, notamment les différends autour des questions migratoires, la détention du journaliste français Christophe Gleizes en Algérie ou encore les polémiques médiatiques entre responsables des deux États.
Retour progressif des contacts diplomatiques
Le retour de Stéphane Romatet à Alger marque l’un des premiers signes visibles d’une tentative de réchauffement entre les deux capitales. L’ambassadeur français avait été rappelé en avril 2025 au plus fort de la crise diplomatique, alors que les échanges politiques entre Paris et Alger étaient quasiment gelés.
Depuis plusieurs semaines, les autorités françaises multiplient toutefois les signaux d’apaisement. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est notamment rendu au Maroc le 20 mai, déplacement qui a suscité de nouvelles critiques dans certains médias algériens.
Stéphane Romatet a réagi lundi à des propos publiés par le quotidien algérien El Watan visant le chef de la diplomatie française. Le journal évoquait notamment une supposée « vassalisation » de Paris à Rabat et qualifiait Jean-Noël Barrot de « ministre de paille ». L’ambassadeur français a jugé ces déclarations « inacceptables » et insisté sur la nécessité d’un dialogue basé sur le respect réciproque.
Le cas Christophe Gleizes toujours sensible
Interrogé sur la situation du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis près d’un an, Stéphane Romatet a estimé que les tensions publiques compliquaient les discussions diplomatiques. Selon lui, la reprise des échanges entre les deux pays pourrait contribuer à favoriser un retour du journaliste en France.
Cette affaire continue d’alimenter les critiques d’une partie de la classe politique française à l’égard d’Alger. Vendredi 22 mai, la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, a déclaré sur BFMTV-RMC que la France n’avait « pas à s’agenouiller devant l’Algérie », dénonçant ce qu’elle considère comme le comportement « éminemment critiquable » des autorités algériennes.
Les relations franco-algériennes restent marquées par des désaccords profonds sur plusieurs dossiers diplomatiques et mémoriels. Le retour de l’ambassadeur français à Alger et la reprise des échanges officiels constituent néanmoins une étape dans la tentative de relance du dialogue entre les deux pays.



