Le Parquet national financier (PNF), juridiction française spécialisée dans les affaires de délinquance économique et financière, a ouvert une enquête préliminaire visant l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin pour « recel de détournement de fonds publics ». L’annonce a été faite mercredi 20 mai, au lendemain de la décision du parquet d’engager des investigations sur deux statuettes de Napoléon reçues lorsqu’il dirigeait le ministère français des Affaires étrangères entre 2002 et 2004.
La procédure intervient après les révélations diffusées fin avril par Complément d’Enquête sur France Télévisions. Dans ce reportage, Robert Bourgi a affirmé avoir servi d’intermédiaire pour remettre à Dominique de Villepin deux objets représentant Napoléon.
Des cadeaux évalués à 125 000 euros
Selon Robert Bourgi, l’une des statuettes aurait été financée par Blaise Compaoré et l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Le lobbyiste a déclaré que les deux pièces avaient été acquises pour 75 000 euros et 50 000 euros, soit un montant total de 125 000 euros.
Le PNF a précisé que l’enquête porte sur des faits susceptibles de constituer un recel de détournement de fonds publics, une qualification pénale qui suppose de déterminer si les biens provenaient de fonds indûment utilisés et si leur bénéficiaire en avait connaissance.
Dominique de Villepin reconnaît « une erreur »
Invité de France Inter le 10 mai, Dominique de Villepin avait admis avoir accepté ces cadeaux, estimant avoir commis « une erreur ». Il a toutefois contesté toute intention illégale et indiqué que les objets avaient été restitués au ministère français des Affaires étrangères. En France, les membres du gouvernement doivent remettre à l’État les présents reçus dans l’exercice de leurs fonctions lorsqu’ils présentent une valeur significative ou un intérêt patrimonial.
Une figure de la diplomatie française
Ancien ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin reste associé à son discours prononcé en 2003 devant l’Organisation des Nations unies, dans lequel il s’était opposé à l’intervention militaire américaine en Irak.
Considéré par plusieurs observateurs comme un possible candidat à l’élection présidentielle française, il fait désormais l’objet d’une enquête préliminaire, une phase d’investigation qui ne constitue ni une mise en examen ni une déclaration de culpabilité.



