Tony Elumelu : « L'Afrique ne doit pas choisir entre la France, la Russie et la Chine »

L’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu a appelé les gouvernements africains à s’ouvrir à l’ensemble des partenaires économiques mondiaux, sans s’aligner sur aucun bloc en particulier. Il s’exprimait en marge de l’Africa Forward Summit, tenu les 12 et 13 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, co-organisé par la France et le Kenya.

Président de la United Bank for Africa (UBA) et fondateur de Heirs Holdings, Elumelu a accordé des déclarations à CNN et à l’AFP en marge du sommet. Il a défendu une posture de neutralité active : accueillir les capitaux américains, français, russes, chinois ou du Moyen-Orient, à condition que les termes du partenariat soient mutuellement avantageux. « Nous devrions être réceptifs à tous, tant qu’il y a une communauté de but et d’intérêt », a-t-il déclaré à CNN.

Macron et un plan d’investissement de 23 milliards d’euros

Le sommet de Nairobi a coïncidé avec l’annonce par le président français Emmanuel Macron d’un plan d’investissement de 23 milliards d’euros sur le continent africain — dont 14 milliards provenant d’entités publiques et privées françaises, et 9 milliards de sources africaines. Macron a par ailleurs désigné Elumelu comme membre de l’Africa France Impact Coalition, une plateforme destinée à renforcer les échanges commerciaux entre entreprises françaises et africaines.

Cette présence française à Nairobi n’a pas été sans friction. Un groupe de manifestants a tenté de forcer l’entrée du sommet, dénonçant ce qu’ils ont qualifié de néo-colonialisme. Plusieurs arrestations ont été effectuées par les autorités kényanes.

Infrastructures et emploi comme priorités structurelles

Face aux débats sur les allégeances géopolitiques, Elumelu a réorienté la discussion vers les besoins concrets du continent : accès à l’électricité, transports, sécurité et environnement favorable aux entreprises. Il a rappelé que l’âge médian en Afrique est inférieur à 20 ans, ce qui fait de la création d’emplois rapide l’impératif économique central des prochaines décennies.

Le sommet a réuni plusieurs chefs d’État africains, dont le président nigérian Bola Tinubu, ainsi que des figures du secteur privé comme Aliko Dangote. Aucune date n’a été annoncée pour un prochain rendez-vous du format Africa Forward Summit.

3 réflexions au sujet de “Tony Elumelu : « L'Afrique ne doit pas choisir entre la France, la Russie et la Chine »”

  1. Vous espérez l’union des pays africains pour parler d’une seule voix et au même moment c’est vous qui prônez la dislocation des blocs régionaux télle la CEDEAO déjà plus intégrée que celui de l’Afrique Centrale, la CEMAC.
    Vous manquez de constance en somme.

    Répondre
  2. L’Afrique doit s’unir et parler d’une seule voix, selon Kwame Nkruma, il n’y a que 2 options, s’unir ou périr.

    La Chine des 40 dernières années est un modèle à suivre qui doit passer par le Manger, l’éducation, la santé, et la finance (c’est à dire sortir du franc CFA et avoir une monnaie propre pour les Africains et par les Africains).

    Répondre

Laisser un commentaire