Nucléaire : la Russie alerte sur la volonté des USA d'étendre leur arsenal

Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a mis en garde ce mercredi 27 mai contre les ambitions nucléaires américaines lors du sixième cycle de consultations russo-ASEAN consacré aux questions de sécurité. Moscou dénonce une rupture délibérée avec les engagements de maîtrise des armements qui encadraient les deux puissances depuis la guerre froide.

Le refus américain d’adopter une retenue volontaire sur les limites du New START constitue, selon Choïgou, une « source de préoccupation sérieuse ». Washington aurait officiellement déclaré sa volonté d’étendre son arsenal nucléaire au-delà des seuils définis par ce traité et de reprendre les essais nucléaires à tout moment, selon les propos rapportés par le responsable russe.

Un vide juridique depuis le 5 février

Cette escalade verbale survient après la disparition du dernier cadre contraignant en matière de désarmement stratégique entre les deux pays. Le traité New START, signé en 2010 et en vigueur depuis 2011, a expiré le 5 février 2026 sans qu’un accord de remplacement soit conclu. Il plafonnait à 1 550 le nombre d’ogives nucléaires déployées par chaque partie et prévoyait des inspections mutuelles, suspendues depuis 2023 en raison de la guerre en Ukraine. Une proposition de Moscou d’une prolongation d’un an, qualifiée de « bonne idée » par Donald Trump à l’automne 2025, n’a pas abouti.

Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, les arsenaux nucléaires stratégiques russe et américain — qui représentent ensemble plus de 80 % des ogives mondiales — évoluent sans aucun mécanisme de vérification ni plafond juridiquement opposable.

Une recomposition nucléaire en Asie-Pacifique

Choïgou a également signalé un redéploiement stratégique américain dans la région indo-pacifique. Séoul et Tokyo envisageraient d’accueillir des armes nucléaires américaines sur leur sol, selon les déclarations du responsable russe. Le pacte AUKUS, qui associe les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, pourrait également déboucher sur une présence nucléaire américaine en territoire australien.

Washington renforcerait ses capacités militaires dans la région et travaillerait à développer le potentiel nucléaire de ses alliés régionaux au sein des alliances qu’il y consolide. Aucune négociation formelle sur un traité de désarmement post-New START n’est actuellement annoncée entre Moscou et Washington.

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