Le New York Times a révélé mardi 20 mai 2026 qu’Israël et les États-Unis avaient élaboré un plan visant à porter l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinedjad à la tête d’un gouvernement de transition à Téhéran, en marge de l’offensive militaire conjointe lancée le 28 février contre la République islamique. Le projet, qualifié d’« audacieux » par des responsables américains cités par le quotidien, aurait été conçu par le directeur du Mossad David Barnea avant d’obtenir l’aval de Washington.
Le choix d’Ahmadinedjad surprend jusqu’au sein des cercles de renseignement occidentaux. Président de 2005 à 2013, il s’était rendu tristement célèbre par ses appels répétés à la destruction d’Israël, ses positions négationnistes et son soutien actif au programme nucléaire iranien. Sa sélection s’expliquerait par la rupture profonde survenue entre lui et le Guide suprême Ali Khamenei au cours des dernières années : écarté de plusieurs scrutins présidentiels, ses collaborateurs arrêtés, ses déplacements progressivement réduits à son domicile téhéranais, il était devenu, selon The Atlantic, « davantage un opposant au régime qu’un pilier de celui-ci ».
Une frappe censée le libérer le blesse
Dès le premier jour de l’offensive, l’armée de l’air israélienne a frappé la résidence d’Ahmadinedjad dans l’est de Téhéran. L’opération visait à neutraliser les Gardiens de la Révolution qui le surveillaient afin de le libérer. Le poste de sécurité à l’entrée de la rue a été détruit, mais Ahmadinedjad a été blessé dans l’explosion. Selon des responsables américains cités par le NYT, il aurait survécu mais se serait aussitôt désengagé du plan, refusant de poursuivre sa coopération avec les services israéliens et américains.
Un effondrement du régime qui n’a pas eu lieu
L’«Opération Epic Fury» prévoyait un effondrement du pouvoir iranien en trois phases, déclenché par l’élimination de sa direction suprême. Si Khamenei a effectivement été tué lors des premières frappes, la désintégration institutionnelle attendue ne s’est pas produite. Le directeur du Mossad Barnea aurait confié à ses proches que le plan « avait de très bonnes chances de réussir » si les événements s’étaient enchaînés comme prévu.
La Maison-Blanche n’a pas répondu aux questions du New York Times sur le rôle d’Ahmadinedjad. Sa porte-parole Anna Kelly s’est bornée à rappeler les objectifs officiels de l’opération : destruction des missiles balistiques iraniens, démantèlement des infrastructures de production et neutralisation des forces navales. Ahmadinedjad n’est pas réapparu publiquement depuis la frappe sur son domicile. Son état de santé et sa localisation demeurent inconnus des services de renseignement américains.


