Le Sénégal affiche sa détermination à revoir les accords qui le lient aux grandes compagnies pétrolières. L’annonce a été faite par Khadim Bamba Diagne, secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz, lors de l’Africa CEO Forum.
Le responsable sénégalais a évoqué un bras de fer en cours avec les groupes BP et Woodside Energy, sans exclure un recours à l’arbitrage international. « Nous ne pouvons accepter des exploitations qui laissent aux pays européens les externalités négatives », a-t-il déclaré.
Un bras de fer ouvert avec les majors
Les autorités sénégalaises contestent les conditions de certains contrats jugés défavorables. La possibilité de saisir un tribunal arbitral marque une montée de la pression dans les discussions avec les opérateurs internationaux impliqués dans l’exploitation des hydrocarbures du pays.
Les compagnies concernées participent aux principaux projets énergétiques du Sénégal. BP est notamment engagée dans le développement du champ gazier transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim, tandis que Woodside Energy pilote l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar.
Des projets pétroliers et gaziers déjà en production
Le Sénégal a officiellement rejoint le cercle des pays producteurs de pétrole en juin 2024 avec le lancement de l’exploitation du champ de Sangomar. Selon la société nationale Petrosen, ce projet offshore pourrait atteindre une production d’environ 100 000 barils par jour. Le pays s’appuie aussi sur des réserves gazières importantes.
Le projet Grand Tortue Ahmeyim, développé à la frontière maritime avec la Mauritanie, a démarré ses premières phases d’exploitation entre fin 2024 et 2025. Il prévoit la production de gaz naturel liquéfié destiné à l’exportation. Ces projets reposent sur des découvertes réalisées au cours de la dernière décennie, qui ont révélé des réserves estimées à plusieurs centaines de millions de barils de pétrole et à plusieurs trillions de pieds cubes de gaz.
Une renégociation au cœur des enjeux économiques
La volonté de revoir les contrats intervient alors que les premières recettes liées aux hydrocarbures commencent à entrer dans les comptes publics. Les autorités cherchent à améliorer la part des revenus revenant à l’État, dans un secteur encadré par le Code pétrolier adopté en 2019. Le calendrier des discussions avec les compagnies n’a pas été précisé. La perspective d’un arbitrage international pourrait constituer la prochaine étape si aucun accord n’est trouvé entre les parties.



