Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi soir à Dakar, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a détaillé les circonstances de son éviction du gouvernement et formalisé la position de son parti, le PASTEF, face au président Bassirou Diomaye Faye, qui a nommé un nouveau gouvernement de trente membres dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo.
Un désaccord de fond sur la gouvernance et la justice
Sonko a indiqué que la réunion du 22 mai avec le chef de l’État n’était pas la première du genre : deux rencontres précédentes avaient déjà porté sur une éventuelle séparation, dont une au lendemain des élections législatives, où il avait lui-même suggéré à Diomaye Faye de retourner devant l’Assemblée nationale — proposition que le président avait déclinée. Le 22 mai, le chef de l’État aurait choisi d’agir de manière unilatérale.
Les deux hommes se sont retrouvés le 1er juin, entre 8 h et 12 h, à l’initiative de Sonko, qui dit avoir accepté cette rencontre dans l’intérêt national. Les échanges ont porté sur quatre points : la dette publique, le pouvoir d’achat, la renégociation des contrats pétroliers et gaziers, et la question de la reddition des comptes. Sur ce dernier point, aucun accord n’a été trouvé : Diomaye Faye aurait estimé que les actions engagées étaient suffisantes, là où Sonko juge la démarche incomplète.
L’ancien Premier ministre a également reproché au président de vouloir confier les ministères dits de souveraineté — Justice, Intérieur, Affaires étrangères et Finances — à des technocrates extérieurs au PASTEF, vidant selon lui le parti de toute responsabilité exécutive réelle. Il résume la situation par une formule : Diomaye voudrait « faire du PASTEF sans PASTEF ».
Le PASTEF en ordre de marche vers 2027 et 2029
Sonko a appelé ses partisans à ne pas entraver l’action gouvernementale, au nom de la stabilité économique du pays, tout en encourageant les militants nommés à des postes de direction à poursuivre leur mission selon les règles en vigueur. Il a précisé que les membres de son parti qui souhaiteraient quitter leur poste de direction (qui sont « techniques » essentiellement) devront respecter les procédures administratives établies.
L’échéance la plus immédiate est le congrès du PASTEF annoncé ce week-end, que Sonko a présenté comme le point de départ d’une stratégie électorale assumée : les élections locales de 2027, puis la présidentielle de 2029.



