L'ex-ministre comorien Dhoulkamal condamné en France pour 339 000 € de fraudes sociales

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis de La Réunion a condamné, vendredi 29 mai 2026, Dhoihir Dhoulkamal, ancien ministre des Affaires étrangères de l’Union des Comores, à deux ans de prison ferme pour escroquerie aux prestations sociales. Son épouse, Jeanine Chakir, a écopé d’un an de prison ferme assorti d’une interdiction de territoire français de cinq ans. Ni l’un ni l’autre n’étaient présents à l’audience.

Le préjudice retenu par la justice porte sur 339 052 euros perçus indûment auprès de la Caisse d’allocations familiales (CAF) et de la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de La Réunion entre janvier 2011 et octobre 2020. Selon les éléments du dossier, Dhoihir Dhoulkamal était officiellement enregistré comme sans emploi et sans ressources en France, alors qu’il exerçait simultanément les fonctions de député puis de ministre aux Comores. Son foyer a ainsi perçu pendant près d’une décennie le RSA, des allocations familiales, des aides au logement, des primes de rentrée scolaire et des remboursements de l’assurance maladie. La procureure a résumé l’affaire lors de l’audience : « C’est une action concertée des deux prévenus pour profiter de toutes les failles du système à La Réunion. »

Une enquête longtemps bloquée par l’immunité diplomatique

L’affaire avait été révélée dès 2020 par la presse locale réunionnaise, mais l’instruction s’était rapidement heurtée à l’immunité diplomatique dont bénéficiait Dhoihir Dhoulkamal en sa qualité de ministre en exercice. En mai 2023, il avait encore été reçu officiellement au quai d’Orsay dans le cadre de négociations portant sur l’opération « Wuambushu » et la liaison maritime MayotteAnjouan. Ce n’est qu’après son départ du gouvernement comorien, en juillet 2024, que la justice française a pu relancer la procédure. Un mandat de recherche international avait été émis sans aboutir à une interpellation.

Un mandat d’arrêt émis, les deux condamnés restent introuvables

Le tribunal a prononcé un mandat d’arrêt à l’encontre de Dhoihir Dhoulkamal à l’issue du jugement. Son épouse, Jeanine Chakir, avait quitté La Réunion avant la fin de l’enquête. À ce jour, ni l’un ni l’autre n’ont été localisés par les autorités. L’exécution de la peine reste suspendue à leur localisation, dans le cadre d’une coopération judiciaire internationale dont les contours n’ont pas été précisés par le tribunal.

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