Longévité : Musk veut "changer le programme de la mort" mais redoute l'immortalité

Le milliardaire américain Elon Musk a affirmé, le 22 janvier 2026 au Forum économique mondial de Davos, que le vieillissement constitue un problème « très facilement soluble » — tout en défendant, dans le même échange, l’utilité biologique et sociale de la mort.

Invité pour la première fois sur la scène du WEF aux côtés de Larry Fink, directeur général de BlackRock, le fondateur de Tesla et SpaceX a livré une position en apparence contradictoire. D’un côté, il juge la longévité humaine étendue à portée de main : « Vous êtes programmé pour mourir. Et si vous changez le programme, vous vivrez plus longtemps. » De l’autre, il pose une limite claire à cette ambition.

Une mort jugée « utile » à la progression des sociétés

Musk estime que la disparition des individus remplit une fonction que la technologie ne saurait remplacer. Si les êtres humains vivaient « éternellement ou très longtemps », la société risquerait selon lui une « ossification » — un figement des structures, des idées et du pouvoir. Il avait formulé la même réserve dès 2021 dans un documentaire de la chaîne allemande WELT, affirmant que « la plupart des gens ne changent pas d’avis, ils meurent simplement », et qu’en l’absence de mort, les vieilles idées persisteraient indéfiniment.

Cette position tranche avec celle d’autres figures de la Silicon Valley. Ray Kurzweil, futurologue et ancien directeur de l’ingénierie chez Google, prédit pour sa part que des nanobots à intelligence artificielle circulant dans le sang humain permettront de réparer les cellules endommagées d’ici 2032 — une projection qui lui appartient, et non à Musk, malgré plusieurs attributions erronées circulant sur les réseaux sociaux.

Des essais cliniques déjà engagés

Les déclarations de Musk à Davos ont eu un écho concret dans le milieu scientifique. Le professeur David Sinclair, spécialiste du vieillissement à l’université Harvard, a réagi publiquement en confirmant que la startup Life Biosciences — qu’il a cofondée — venait d’obtenir l’autorisation de la FDA américaine pour lancer les premiers essais cliniques sur le rajeunissement cellulaire humain. Ces essais, basés sur une technique de reprogrammation épigénétique, ciblent dans un premier temps des pathologies oculaires liées à l’âge.

La question de l’accès à ces thérapies — leur coût, leur brevetabilité et leur distribution — n’a pas été abordée lors de l’échange de Davos.

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