Le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, a mis en garde contre les risques d’une déstabilisation régionale suite à la prise de contrôle de Kidal par des groupes rebelles et djihadistes au Mali. Selon le responsable nigérian, le retrait des forces maliennes et des mercenaires russes de cette ville du nord-est pourrait ouvrir la voie à une expansion de l’activité extrémiste au-delà des frontières maliennes, selon une annonce rapportée par Bloomberg le 8 mai.
Les attaques du 25 avril et le repli de Kidal
Les événements ayant déclenché cette inquiétude remontent aux assauts du 25 avril 2026, menés conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces attaques, qui ont ciblé Bamako, Kati, Mopti, Sévaré et Kidal, ont coûté la vie au ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara. En fin de journée, les autorités ont toutefois affirmé que la situation était maîtrisée, déclarant que l’offensive avait été « contenue » et que « la situation était totalement sous contrôle dans les localités concernées ».
Un corridor pour le trafic d’armements
Le ministre nigérian redoute que le contrôle territorial consolidé du FLA et du GSIM au Mali ne facilite le mouvement des armes vers d’autres zones. Musa a souligné que les crises entrecroisées au Sahel, combinées aux défaillances des systèmes frontaliers, ont créé des passages permettant le ravitaillement en matériel militaire des réseaux extrémistes. Il a particulièrement pointé du doigt la zone des trois frontières Nigeria-Bénin-Niger, qu’il considère comme un foyer djihadiste en expansion où les combattants exploitent les forêts et les réseaux pastoraux transfrontaliers.
L’urgence d’une réponse coordonnée
Faisant référence aux campagnes militaires menées par les États-Unis contre l’État islamique en Syrie, le ministre a appelé à un modèle similaire de coopération internationale pour démanteler les réseaux extrémistes en Afrique de l’Ouest. « S’ils sont autorisés à s’implanter complètement au Mali, ils ne s’arrêteront pas là », a averti Musa, estimant que l’inaction risque de transformer la crise malienne en un embrasement régional.
Le Nigeria plaide désormais pour une action coordonnée des Nations unies : « La communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations unies, doit s’unir pour combattre ce diable », a déclaré Musa, craignant qu’une absence de réaction rapide ne permette aux insurgés d’exploiter davantage les failles de sécurité dans le Sahel et sur la côte ouest-africaine.



