Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a réclamé des réparations concrètes aux anciennes puissances coloniales, s’appuyant sur la résolution adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies, qui qualifie la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de crime le plus grave contre l’humanité. La déclaration présidentielle, publiée dans sa lettre hebdomadaire à l’occasion du Mois de l’Afrique, élargit la demande au-delà de la seule dimension symbolique.
Ramaphosa a précisé les contours d’une réparation qu’il juge indissociable du développement du continent : investissements directs, allègement de la dette, transferts de technologie et restitution des artefacts culturels pillés. Il a rejeté les arguments des États opposés à ces mesures — principalement les États-Unis, le Royaume-Uni et les membres de l’Union européenne — qui invoquent l’inapplicabilité rétroactive du droit international ou le changement de nature des États depuis l’époque coloniale. « Quelles que soient les formes que prendront les réparations, elles doivent s’aligner sur les objectifs de développement de notre continent », a-t-il déclaré.
Un vote onusien acquis, mais sans mécanisme contraignant
La résolution du 25 mars, portée par le Ghana au nom du groupe africain, a recueilli 123 voix favorables. Trois États — les États-Unis, Israël et l’Argentine — ont voté contre. Les 27 membres de l’Union européenne font partie des 52 pays qui se sont abstenus, contestant notamment la hiérarchisation des crimes contre l’humanité opérée par le texte. La résolution est non contraignante et ne prévoit aucun mécanisme d’application ni calendrier d’indemnisation.
L’Afrique du Sud ancre la demande dans son propre processus de réconciliation
Ramaphosa a établi un lien explicite entre la demande de réparations continentales et le processus interne sud-africain issu de la Commission vérité et réconciliation. En janvier 2026, le gouvernement avait publié des réglementations fixant les modalités d’une aide au logement destinée aux victimes identifiées et vérifiées par ce processus, financée par le Fonds du président créé en vertu de la loi sur la CVR.
L’Union africaine a déclaré la période 2026-2035 Décennie des réparations. Les discussions sur les modalités concrètes — compensation financière, restitution d’œuvres, excuses officielles — doivent se poursuivre dans le cadre d’un dialogue multilatéral que la résolution onusienne demande aux États membres d’engager de bonne foi.




Upheaval de Nel Oliver est disponible en isio sur YouTube.
Qu’il répare et nettoie devant sa porte d’abord, en faisant comprendre à ses compatriotes noirs que les autres noirs ne sont pas des ennemis, surtout qu’ ils n’oublient pas qu’ ils (les noirs d’Afrique du Sud) furent des réfugiés au Ghana, au Zimbabwe et dans d’autres pays Africains pendant l’Apartheid