RDC : Tshisekedi défend l'accord migratoire de Trump en évoquant des « gentillesses entre partenaires »

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 6 mai à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a justifié l’accord conclu avec l’administration américaine pour l’accueil temporaire de migrants expulsés des États-Unis, évoquant des « gentillesses entre partenaires » pour qualifier cette coopération.

La prise de parole intervient trois semaines après l’atterrissage, le 17 avril à l’aéroport international de N’djili, d’un premier groupe de 15 à 20 ressortissants latino-américains — originaires principalement du Pérou, de l’Équateur et de la Colombie — expulsés par Washington en vertu d’un accord bilatéral signé le 5 avril entre Kinshasa et l’administration Trump.

Un accord défendu comme acte de coopération

La position de Tshisekedi rejoint celle exprimée mi-avril par la Première ministre Judith Suminwa, qui avait été la première à qualifier publiquement l’opération de « service rendu aux États-Unis », lors d’une intervention sur TV5 Monde. Le gouvernement congolais avait alors précisé que les coûts — transport, hébergement, logistique — étaient intégralement pris en charge par Washington, et que le séjour des migrants sur le sol congolais était temporaire, dans l’attente d’un transfert vers leurs pays d’origine.

Le rapprochement diplomatique entre Kinshasa et Washington remonte à février 2025, lorsque Tshisekedi avait publiquement sollicité, dans une interview au New York Times, une participation américaine à l’exploitation minière congolaise, secteur dominé à 75-80 % par des entreprises chinoises selon la Fondation Jean-Jaurès. Un accord de partenariat stratégique entre les deux pays a depuis été soumis à ratification par l’Assemblée nationale congolaise, qui l’a déclaré recevable le 13 avril 2026.

Une polémique qui n’a pas faibli

L’accord migratoire a suscité une vive contestation au sein de la société civile et de l’opposition congolaises. L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) a estimé que la RDC « n’a aucun lien avec la nationalité des expulsés » et s’expose à « une responsabilité internationale pour complicité de traitements inhumains et dégradants ». Plusieurs pays africains avaient refusé une proposition similaire de l’administration Trump avant que Kinshasa n’y adhère.

Le vote définitif de l’Assemblée nationale sur les accords de partenariat RDC-États-Unis et RDC-Rwanda, déclarés recevables en avril, reste attendu. Les députés avaient alors conditionné leur soutien à davantage de transparence sur les termes exacts des textes.

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