La police sénégalaise a annoncé, ce 26 mai, avoir procédé à l’interpellation de trois individus au Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies (Unité 15) à Dakar. Ceux-ci sont mis en cause pour association de malfaiteurs, actes contre nature ainsi que transmission volontaire du VIH.
L’arrestation progressive et les premières auditions
Selon la police, les enquêtes ont d’abord abouti à l’arrestation d’un premier individu, présenté comme un homme pratiquant la prostitution masculine. Celui-ci aurait reconnu exercer cette activité, avec des tarifs variant entre 3 000 et 20 000 francs CFA, et affirme que sa clientèle est exclusivement masculine.
Par la suite, un second suspect a été interpellé, identifié par le premier comme un client habituel. Entendu par les enquêteurs, ce dernier a confirmé entretenir une relation sentimentale avec le premier et a exprimé son intention de l’épouser. Il est par ailleurs marié et père de deux enfants.
Le troisième suspect et les détails des relations
Les investigations menées à l’Unité 15 des Parcelles Assainies ont permis d’identifier et d’interpeller un troisième individu, désigné comme le partenaire du second suspect testé positif au VIH. Cet homme est polygame et père de quatre enfants. Il a reconnu au cours de ses auditions avoir entretenu à deux reprises des rapports sexuels avec le deuxième suspect. Ces relations se sont déroulées sur la terrasse de son domicile. Les deux premiers suspects ont tous deux confirmé entretenir des relations homosexuelles et fréquenter régulièrement des lieux destinés à cet effet.
Les examens sérologiques et les résultats
Le deuxième suspect a été conduit à l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy « Dabakh » afin de subir un examen sérologique. Le test a révélé qu’il était séropositif au VIH. Le premier mis en cause a également été soumis aux mêmes examens au même établissement. Son test s’est avéré négatif. Le troisième suspect a été orienté vers l’hôpital Dalal Jamm pour y être soumis aux tests sérologiques requis. Les résultats de son examen demeurent en attente.
Ces arrestations interviennent dans une situation de renforcement de la répression légale au Sénégal. En mars 2026, le pays a adopté une nouvelle loi portant les peines encourues pour relations homosexuelles de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte élargit également les poursuites pénales à toute forme supposée de promotion, de soutien ou de financement de l’homosexualité. Les amendes ont été augmentées, pouvant désormais atteindre 10 millions de francs CFA, contre 1,5 million auparavant. Le dossier demeure en instruction, avec la poursuite des investigations confiée aux autorités judiciaires.



