Sénégal : pour Diomaye Faye, Sonko est Premier ministre car « il bénéficie de sa confiance »

Le président Bassirou Diomaye Faye a précisé ce samedi 2 mai au palais de la présidence que la permanence d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement repose exclusivement sur la confiance présidentielle et les résultats de son action. S’adressant à la presse, le chef de l’État a rappelé les conditions strictes du maintien du Premier ministre en fonction, établissant un cadre où l’efficacité gouvernementale prime sur la logique partisane.

Le fondement institutionnel du poste

Comme le rapporte Senenews, Faye a énoncé trois niveaux de relations avec son Premier ministre : les rapports d’État, les rapports institutionnels et les rapports au sein de la majorité parlementaire. Sur le plan institutionnel, le président a été catégorique : « Tant qu’il est Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Si cela n’est plus, nous aurons un nouveau Premier ministre. »

Cette déclaration intervient dans un cadre de fissures au sein de l’équipe gouvernementale. Depuis novembre 2025, le remplacement d’Aïssatou Mbodj, figure proche de Sonko, par Aminata Touré à la tête de la coalition présidentielle a marqué un tournant dans le rapport de forces entre les deux hommes. Les divergences de fond ont également porté sur la gestion de la dette sénégalaise : Sonko s’oppose à un accord avec le Fonds monétaire international tandis que Faye affiche une plus grande flexibilité.

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L’avertissement du chef de l’État

Le président a assorti son énoncé du maintien en poste d’une condition claire : « Le jour où je n’aurai pas satisfaction, je mettrai le Sénégal en avant. » Cette formulation laisse entendre que l’intérêt national prime sur toute considération partisane, redéfinissant unilatéralement les termes de la cohabitation.

Le discours intervient trois mois après que Sonko a lui-même averti que son parti quitterait le gouvernement en cas de déviation majeure de la ligne commune. Ces échanges d’avertissements réciproques témoignent d’une certaine normalisation du conflit, désormais exprimée publiquement par les deux protagonistes.

L’horizon 2029 en arrière-plan

La question de la succession présidentielle pèse lourdement sur ces rapports. Sonko, candidat empêché en 2024 en raison d’une condamnation antérieure, ambitionne de se présenter en 2029. Faye, élu pour un mandat de sept ans, n’a pas exclu la possibilité d’en briguer un second. Les deux hommes construisent parallèlement leurs assises respectives au sein du PASTEF, tandis que le scénario d’un divorce politique gagne en crédibilité parmi les observateurs du Sénégal.

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