Le bureau du procureur des États-Unis pour le district nord de l’Ohio a annoncé le 30 avril que vingt-cinq accusés, composés de ressortissants nigérians et de citoyens américains d’origine nigériane, ont été reconnus coupables le 24 avril par la justice fédérale américaine. Ils sont impliqués dans une importante affaire de fraude électronique ayant permis de détourner plus de 215 millions de dollars. L’enquête, menée conjointement par le FBI, le Service d’inspection postale des États-Unis et l’unité de renseignement de Sandusky Bay, a conduit à ces condamnations.
Messageries d’entreprise compromises et usurpation d’identité
Selon les éléments judiciaires, le dispositif reposait sur une méthode organisée et progressive. Les auteurs auraient d’abord piraté les messageries électroniques d’entreprises et de particuliers basés aux États-Unis, puis analysé leurs échanges afin d’identifier leurs partenaires et de comprendre leur fonctionnement interne.
Toujours selon les éléments judiciaires, ils envoyaient ensuite de fausses demandes de paiement, présentées de façon crédible, soit depuis les comptes compromis, soit en se faisant passer pour des correspondants légitimes. Cette technique de fraude ciblée se serait révélée particulièrement efficace : dans au moins un cas, une entreprise aurait ainsi transféré 2,7 millions de dollars vers un compte contrôlé par un complice, avec des pertes allant de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs millions de dollars selon les victimes.
Une arnaque mondiale
L’enquête a identifié plus de mille victimes réparties dans dix-neuf pays : États-Unis, Canada, Mexique, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Koweït, Émirats arabes unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Panama, Bermudes, Roumanie et autres juridictions. Cette dimension internationale révèle l’ampleur du réseau criminel et sa capacité à cibler systématiquement des structures commerciales de tailles variables.
Actifs saisis et suites de la procédure
Selon le ministère public, les enquêteurs ont saisi ou s’apprêtent à confisquer environ 1,2 million de dollars en espèces, chèques bancaires et actifs en cryptomonnaies, ainsi que plusieurs montres de luxe, dont une Patek Philippe Nautilus estimée à 45 000 dollars, une Audemars Piguet Royal Oak à 30 000 dollars et une Richard Mille Felipe Massa évaluée à 140 000 dollars. Une résidence de 4 423 pieds carrés située à Lawrenceville, dans l’État de Géorgie, a également été saisie.
Par ailleurs, toujours selon les informations du ministère public, parmi les vingt-cinq personnes condamnées figurent quatre ressortissants nigérians et six citoyens américains naturalisés d’origine nigériane. Les peines seront fixées ultérieurement par le tribunal fédéral, en fonction du degré d’implication de chacun, de leurs antécédents judiciaires et des circonstances propres à chaque infraction.