Lors d’un événement tenu en Floride le 1er mai pour promouvoir l’absence de taxe sur les paiements de Sécurité sociale, le président américain Donald Trump a qualifié la Somalie de pays « sale, crasseux et dégoûtant », ciblant nommément la représentante démocrate au Congrès Ilhan Omar, elle-même d’origine somalienne. Des propos qui ont immédiatement suscité une réponse cinglante de l’élue du Minnesota.
Trump vise Omar autant que la Somalie
Réuni pour promouvoir la suppression de la taxe sur les prestations de Sécurité sociale, l’événement a rapidement tourné à la charge politique. Trump a affirmé que la Somalie n’avait « pas de gouvernement, pas d’armée« , et que le seul secteur florissant du pays était le crime. Il a ensuite mis en cause directement Ilhan Omar, affirmant sans preuve qu’elle « dirigerait » une communauté somalienne aux États-Unis, avant de réitérer une vieille allégation non étayée selon laquelle elle aurait épousé son frère. « N’est-elle pas méprisable ? On devrait virer ces gens de notre pays à tout prix« , a-t-il lancé devant l’assistance.
Ilhan Omar, élue depuis 2019 et membre du groupe progressiste surnommé « The Squad », a répondu sur X en qualifiant le discours de « déchaînement délirant », renvoyant Trump à ses 34 condamnations pour crimes graves prononcées en mai 2024 par un tribunal new-yorkais, ainsi qu’aux conclusions civiles de 2023 le tenant responsable d’agression sexuelle.
Des déclarations qui prolongent une rhétorique déjà connue
Ce n’est pas la première fois que Trump associe la Somalie à l’insécurité et à l’immigration pour attaquer ses adversaires politiques. Dès son premier mandat, il avait visé Ilhan Omar parmi d’autres élues minoritaires, leur enjoignant de « retourner dans les pays d’où elles viennent » — une sortie qui avait valu à la Chambre des représentants de voter une résolution de condamnation en juillet 2019.
Sur le terrain militaire, la relation américano-somalienne raconte une autre réalité. Dès le 1er février 2025, son administration ordonnait des frappes aériennes contre des positions de l’État islamique dans les monts Golis, dans le nord du pays — première intervention extérieure du second mandat. Depuis, l’AFRICOM a intensifié ses opérations en coordination avec Mogadiscio, menant notamment une frappe supplémentaire dans les montagnes de Calmiskaad le 16 mars 2026. Le commandant de l’AFRICOM, le général Dagvin Anderson, a décrit ces actions comme « un soutien essentiel aux partenaires somaliens ».
Des déclarations à portée politique intérieure
Le discours de The Villages intervient dans une situation de mobilisation électorale et de bras de fer budgétaire au Congrès autour des réformes fiscales portées par l’administration Trump. Ilhan Omar, dont le siège au sein du 5e district du Minnesota est jugé sûr, brigue un troisième mandat en 2026. Les primaires démocrates dans son district sont prévues pour l’été 2026.


