Accord Iran-USA : le président Pezeshkian dévoile les contours de l'entente

Le président iranien Masoud Pezeshkian a publié jeudi 18 juin sur X le texte du mémorandum d’entente conclu entre l’Iran et les États-Unis, qualifiant le document de « message d’un Iran fort : la paix sera réalisée à l’ombre du respect mutuel ». La publication intervient au lendemain de la signature de l’accord par les deux chefs d’État, après plusieurs jours d’incertitude sur son contenu exact.

Baptisé Mémorandum d’Islamabad, l’accord en 14 points fixe les bases d’un arrêt durable des hostilités entre les deux pays, en guerre depuis le 28 février. Le texte prévoit la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et l’engagement des deux parties à ne plus recourir à la force l’une contre l’autre. Un délai maximal de 60 jours, renouvelable par consentement mutuel, est fixé pour aboutir à un accord final.

Levée du blocus naval et réouverture du détroit d’Ormuz

Le document impose aux États-Unis d’entamer le retrait de leur blocus naval dès la signature, avec une levée complète sous 30 jours. L’Iran, de son côté, s’engage à organiser le passage sécurisé et gratuit des navires commerciaux entre le golfe Persique et la mer d’Oman pendant une période initiale de 60 jours. Des discussions avec le Sultanat d’Omandoivent ensuite définir la gestion future du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transitait environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole avant le conflit.

Le mémorandum prévoit également la levée progressive de l’ensemble des sanctions américaines et onusiennes visant Téhéran, ainsi que la libération des fonds et avoirs iraniens gelés. Washington s’engage par ailleurs, avec ses partenaires régionaux, à élaborer un plan de reconstruction d’au moins 300 milliards de dollars pour l’économie iranienne, dont les modalités de mise en œuvre seront précisées dans l’accord final.

La question nucléaire renvoyée aux négociations

Sur le dossier nucléaire, l’Iran réaffirme dans le texte son engagement à ne pas se doter de l’arme atomique. Le sort des stocks de matière enrichie devra être réglé selon un mécanisme à définir conjointement, sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique. En attendant l’accord final, les deux pays s’engagent à maintenir le statu quo : Téhéran conserve l’état actuel de son programme nucléaire, tandis que Washington s’abstient d’imposer de nouvelles sanctions ou de déployer des renforts militaires dans la région.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur de l’accord aux côtés du Qatar, a confirmé l’entrée en vigueur immédiate du mémorandum, précisant que la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval constituaient les premières mesures d’application. Une rencontre des délégations iranienne et américaine reste prévue à Genève dans les prochains jours pour engager les négociations sur l’accord final.

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