Dimanche 14 juin, Donald Trump a de nouveau insisté auprès de Vladimir Poutine sur la nécessité de mettre fin aux hostilités en Ukraine, affirmant qu’il était prêt à s’impliquer directement dans la recherche d’une issue au conflit. Il fait de ce dossier une priorité diplomatique, après la signature d’un accord de paix avec l’Iran. L’information a été rapportée par Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin chargé des affaires étrangères, à l’issue d’un appel téléphonique que le président russe avait passé pour adresser ses félicitations à son homologue américain à l’occasion de son 80e anniversaire.
Les États-Unis et l’Iran annonçaient la conclusion d’un accord de paix mettant fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. Les deux pays sont parvenus à cet accord dimanche 14 juin, avec une cérémonie officielle de signature prévue le vendredi 19 juin en Suisse, selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a joué un rôle de médiateur dans les négociations. Trump a immédiatement autorisé la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval américain. L’accord prévoit par ailleurs le dégel partiel des avoirs iraniens, la suspension des sanctions pétrolières américaines et, selon l’agence iranienne Mehr News, laisse de côté le programme de missiles iranien ainsi que le soutien de Téhéran aux groupes armés de la région. Fort de cette avancée diplomatique au Moyen-Orient, Trump semble vouloir reproduire la même dynamique sur le dossier ukrainien.
Trump prêt à agir avec les Européens et Kiev
Selon Iouri Ouchakov, Trump a indiqué lors de cet échange qu’il était prêt à coordonner ses efforts avec les partenaires européens et Kiev, notamment dans le cadre du sommet du G7 prévu cette semaine à Évian, en France. Le conseiller du Kremlin a rapporté que le président américain a évoqué les retombées potentielles d’un règlement rapide, affirmant qu’une telle issue ouvrirait « des perspectives pour une nouvelle qualité des relations américano-russes ».
Le G7 réunit cette semaine les dirigeants des sept grandes économies industrialisées — États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada — ainsi que des représentants de l’Union européenne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait y participer.
Moscou et Washington divergent sur l’agenda d’Évian
Le Kremlin affiche d’emblée une lecture hostile des discussions attendues en France. Ouchakov a estimé que les Européens et Zelensky chercheraient à « présenter les choses de manière diamétralement opposée » en proposant des solutions visant, selon lui, à prolonger le conflit plutôt qu’à y mettre fin.
Cette déclaration montre l’écart entre les positions des parties : Moscou perçoit les sommets multilatéraux occidentaux comme des enceintes défavorables à une résolution négociée, tandis que Kiev et ses alliés européens conditionnent tout cessez-le-feu à des garanties de sécurité solides pour l’Ukraine. Le sommet du G7 d’Évian, dont les travaux débutent cette semaine, constituera le premier test concret de la volonté américaine de peser sur le dossier ukrainien après l’accord iranien.
