Vingt-cinq infrastructures marchandes construites, plus de 3 300 artisans qualifiés, une gouvernance locale réformée — c’est le bilan que le Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a dressé le 26 juin 2026 à Djougou, lors de la session statutaire du Comité de pilotage du Programme de Développement des Infrastructures Économiques et Marchandes (PDIEM), à l’occasion de la clôture imminente de sa troisième phase (2022-2026).
Un programme à bout portant de ses objectifs
Lancé avec le soutien de la Coopération suisse, en partenariat avec les coopérations belge et allemande, le PDIEM a pour ambition de transformer le tissu économique local du Bénin par la réhabilitation et la construction d’infrastructures marchandes dans des communes historiquement sous-équipées. Après deux premières phases ayant couvert notamment Malanville, Gogounou, Kalalé et Tchaourou, la troisième phase étendue à Bohicon, Glazoué, Nikki et Péhunco porte à 24 le nombre total de communes bénéficiaires sur l’ensemble du territoire.
Le bilan global du programme est désormais chiffré : 25 marchés modernes opérationnels ou en voie de finalisation dans 24 communes. Ces équipements intègrent des systèmes de collecte des déchets, des espaces sanitaires et des dispositifs de gouvernance locale permettant aux communes de dégager des recettes propres pour l’entretien des infrastructures.
Kolokondé et Pabégou, derniers témoins d’un chantier national
Avant la session de Djougou, Janvier Yahouédéou a effectué des visites de terrain à Kolokondé et Pabégou, deux sites emblématiques de la phase finale du programme. L’inspection a permis au ministre de constater directement l’état d’avancement des ouvrages, dont la conception mobilise des techniques de construction durable — notamment les briques en terre comprimée (BTC), matériau local aux propriétés thermiques adaptées au climat de la région. « Nous saluons l’engagement de tous les acteurs pour la réussite de ce programme qui place les infrastructures marchandes au cœur du développement de nos territoires », a déclaré le ministre devant les membres du Comité de pilotage.
La formation de plus de 3 300 artisans aux techniques BTC constitue l’un des volets les plus structurants du PDIEM. Cet investissement dans le capital humain local vise à pérenniser les savoir-faire au-delà de la durée du programme, en dotant les communes d’une capacité de maintenance autonome.
Une réforme de gouvernance au-delà des murs des marchés
Le PDIEM n’a pas uniquement livré du béton et de la charpente métallique. Son impact sur la gouvernance financière des communes figure parmi les résultats mis en avant lors de la session de Djougou. Les réformes accompagnant le programme ont conduit à une meilleure mobilisation des ressources propres communales, réduisant mécaniquement la dépendance aux transferts de l’État central.
Ce modèle rejoint les orientations du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2021-2026, qui fixe l’autonomie financière des collectivités locales comme levier de la transformation structurelle de l’économie béninoise. À l’issue de la session de Djougou, le Comité de pilotage doit statuer sur les modalités de clôture administrative et financière de la troisième phase, dont l’échéance formelle est fixée à fin 2026.



