Pétrole : le Congo sollicite Dangote pour un partenariat stratégique sur le raffinage

Un géant pétrolier nigérian et un producteur pétrolier congolais viennent de s’asseoir à la même table. La Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) a annoncé, le 28 juin, l’ouverture de discussions avec la raffinerie Dangote, à Lekki, en périphérie de Lagos, en vue d’un partenariat sur l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés. La rencontre a réuni le directeur général de la SNPC, Maixent Raoul Ominga, et le président du groupe Dangote Industries, Aliko Dangote.

Un pays producteur qui importe encore son carburant

La République du Congo extrait du pétrole brut sur son territoire depuis les années 1970 et dispose d’une raffinerie à Pointe-Noire, la Congolaise de Raffinage (Coraf), mise en service en 1976. Cette unité tourne en deçà de ses capacités depuis plusieurs années, obligeant le pays à importer une partie de son carburant pour couvrir la demande intérieure. C’est ce déséquilibre que la SNPC cherche désormais à corriger en se tournant vers l’un des plus grands complexes de raffinage du continent.

« La République du Congo dispose d’une capacité de raffinage et nous sommes déterminés à explorer une coopération stratégique qui contribuera à renforcer l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés », a déclaré Ominga lors de la visite.

Les discussions engagées entre les deux groupes couvrent quatre volets : la collaboration technique sur le raffinage, la fourniture de produits pétroliers, la sécurité énergétique du pays et le transfert de compétences. Aucun calendrier ni volume d’approvisionnement n’a pour l’instant été précisé par les deux parties.

Une raffinerie devenue référence continentale

Mise en service en 2023, la raffinerie Dangote de Lekki affiche une capacité installée de 650 000 barils par jour, ce qui en fait la plus grande raffinerie à unité unique d’Afrique. Le groupe prévoit de porter sa capacité globale sur le continent à 2,1 millions de barils par jour, avec 1,4 million de barils au Nigeria et un second complexe de 700 000 barils par jour annoncé au Kenya pour desservir l’Afrique de l’Est. Un investissement additionnel de 46 milliards de dollars est programmé entre 2026 et 2028 pour les branches raffinage, ciment et engrais du groupe.

Le Congo n’est pas un partenaire inconnu de Dangote. Le groupe y opère déjà une cimenterie qui, selon Ominga, a renforcé les capacités industrielles locales et amélioré l’accès aux matériaux de construction dans le pays. Cette présence antérieure aurait facilité l’ouverture des discussions sur le volet pétrolier.

Vers un accord d’approvisionnement encore à négocier

La rencontre à Lagos a également rassemblé Fatima Aliko Dangote, directrice exécutive commerciale du groupe pour le pétrole et le gaz, Peggy Ndongo, conseillère du président de la République du Congo, ainsi que les conseillers de la SNPC Aymar Ebiou et Norbert Mabiala. Aucune des deux parties n’a communiqué de date pour une signature formelle d’accord, les échanges se trouvant à un stade exploratoire.

Le dossier s’ajoute à une série de rapprochements similaires engagés par Dangote avec d’autres pays africains, à mesure que le groupe cherche à écouler les volumes issus de l’expansion annoncée de ses capacités de raffinage. La suite des négociations entre la SNPC et Dangote Industries devrait déterminer les volumes, les modalités logistiques et le calendrier d’un éventuel accord d’approvisionnement.

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