De milieu rugueux à entraîneur de l'année : le double combat d'Éric Roy

Éric Roy est mort ce mercredi 17 juin 2026 à Nice, à l’âge de 58 ans, des suites d’un cancer du pancréas. L’entraîneur du Stade Brestois depuis janvier 2023 menait ce combat depuis trois ans et demi, selon l’annonce faite par sa famille sur Instagram.

Une maladie tenue secrète pendant l’épopée européenne

Dans son message, sa famille a précisé qu’il avait « continué à vivre avec une force qui nous impressionne encore, porté par l’amour de sa famille, par le football, par son travail et par cette passion qui ne l’a jamais quitté ». Le diagnostic remontait à un peu plus d’un an avant son arrivée sur le banc breton.

Sa maladie circulait de manière informelle parmi les observateurs du club et du championnat, mais l’entraîneur avait choisi de ne jamais l’évoquer publiquement, et cette discrétion avait été respectée par son entourage professionnel jusqu’à l’annonce officielle. Affecté par moments par les traitements, il avait néanmoins maintenu l’ensemble de ses fonctions auprès de ses joueurs et de la presse.

C’est dans ces conditions qu’il a conduit le Stade Brestois à une 3e place du championnat en 2024, synonyme de première qualification du club en Ligue des champions. Cette performance lui a valu le trophée UNFP de meilleur entraîneur de Ligue 1 pour la saison 2023-2024, remis par Didier Deschamps — seule distinction individuelle de l’ensemble de sa carrière, comme joueur ou comme technicien.

Un parcours de joueur né à Nice en 1967

Né le 26 septembre 1967 à Nice, fils du footballeur international Serge Roy, vainqueur de la Coupe de France en 1960 avec une sélection en équipe nationale, Éric Roy a disputé son premier match professionnel le 26 novembre 1988 avec l’OGC Nice. Milieu de terrain défensif, il a ensuite porté les couleurs du Sporting Toulon Var, de l’Olympique lyonnais, de l’Olympique de Marseille, du Sunderland AFC en Angleterre, de l’ESTAC Troyes puis du Rayo Vallecano en Espagne, jusqu’à sa retraite sportive en 2004.

Sa période marseillaise, entre 1996 et 1999, reste associée à la finale de la Coupe de l’UEFA perdue en 1999 contre le Parma Calcio, ainsi qu’à une deuxième place de championnat à un point du FC Girondins de Bordeaux. De retour à l’OGC Nice après sa carrière de joueur, il y a occupé successivement les fonctions de communicant, directeur sportif, puis entraîneur entre mars 2010 et novembre 2011, avant de prendre en charge le poste de manager général.

Son parcours de dirigeant l’a ensuite mené au RC Lens, comme manager sportif à partir de septembre 2017, puis à Watford, club anglais alors en difficulté en Premier League, où il est devenu directeur sportif en décembre 2019. Il a exercé parallèlement une activité de consultant pour France Télévisions à partir de 2019, avant son retour sur un banc de touche, à Brest, en janvier 2023.

Les réactions du monde du football

Les hommages se sont multipliés dans l’heure suivant l’annonce. Le Paris Saint-Germain a fait part, par la voix de son président, de ses pensées à la famille de l’entraîneur et à l’ensemble du Stade Brestois, qualifiant Éric Roy de figure respectée du football français. Le RC Lens, où il avait exercé comme manager sportif, a salué son engagement et son attachement au club.

Le président de la Ligue de football professionnel, Vincent Labrune, a estimé que le football français perdait l’un de ses personnages les plus respectés et les plus authentiques, évoquant une intégrité rare. L’UNFP, syndicat des footballeurs professionnels, a souligné le parcours respecté de l’entraîneur, de Nice à Marseille en passant par Lyon, Troyes et l’Angleterre, jusqu’à l’écriture d’une page inédite de l’histoire brestoise avec la qualification en Ligue des champions.

Éric Roy était sous contrat avec le Stade Brestois jusqu’en juin 2027, après avoir prolongé son engagement en mai 2025. Le club, qui devra lui trouver un successeur, avait terminé la saison 2025-2026 à la 12e place de Ligue 1.

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