FIFA : Infantino réunit d'urgence sa direction à Rabat pour éteindre l'incendie

Le comité de direction de la FIFA se réunit ce mercredi à Rabat. Cette rencontre exceptionnelle intervient au lendemain de plusieurs prises de parole qui ont fragilisé un peu plus la position de Gianni Infantino, président de l’instance depuis 2016.

Un projet abandonné qui continue de faire des vagues

À l’origine de cette convocation, un projet baptisé « FIFA Forward Enterprise », qui prévoyait de céder 20 % d’une nouvelle structure commerciale à des investisseurs privés. Cette société aurait eu la main sur l’organisation et la commercialisation des grandes compétitions de la fédération. Rejeté massivement par les confédérations continentales et plusieurs fédérations nationales, sous peine de boycott, ce plan a été retiré la semaine dernière. Son abandon n’a pas suffi à apaiser les tensions internes.

Selon le secrétaire général Mattias Grafström, numéro deux de l’organisation, un message aurait été envoyé au personnel pour évoquer une série d’événements tristes et condamnables, finalement close par le retrait définitif du projet.

Wenger sort du silence

La prise de position d’Arsène Wenger, directeur du développement mondial du football à la FIFA, a précipité la tenue de cette réunion. L’ancien entraîneur d’Arsenal, longtemps discret sur ce dossier, a publié mardi un communiqué précisant qu’il n’avait pas été impliqué dans l’élaboration du projet, tout en jugeant son retrait absolument nécessaire.

D’autres voix se sont élevées ces derniers jours. Le prince Ali bin Al Hussein, président de la fédération jordanienne, a accusé la FIFA de pratiques assimilables à du chantage, affirmant que le soutien financier accordé à son pays aurait été conditionné à une déclaration publique de fidélité à Infantino en vue des élections de 2027. L’UEFA, de son côté, agiterait la menace d’une action en justice, voire d’un boycott de la prochaine Coupe du monde des clubs.

Un scrutin déjà dans tous les esprits

La réunion de Rabat se tient à moins de huit mois de l’élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027 dans la même ville. Infantino y reste pour l’instant seul candidat déclaré à sa propre succession, un scénario qui rappelle celui de 2019, où il avait été réélu sans opposition après une modification controversée du calendrier électoral. Selon plusieurs médias britanniques, dont le Times et Sky Sports, l’objectif de cette rencontre serait de contenir la crise avant qu’elle ne s’étende davantage aux fédérations membres.

Aucun ordre du jour officiel n’a été communiqué par la FIFA à ce stade. La question de savoir si Infantino évoquera un possible retrait, ou s’il choisira au contraire de défendre son bilan face à ses cadres, devrait rester sans réponse avant l’issue de la rencontre.

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