Vladimir Poutine a affirmé, le 24 juin 2026, que la Russie était parvenue à remplacer entièrement ses importations dans le secteur aéronautique, lors d’une réunion consacrée au développement de l’aviation civile à l’aéroport de Joukovski, dans la région de Moscou. Le président russe s’est rendu sur place avant de présider un conseil sur l’avenir de la construction aéronautique nationale.
Trois appareils présentés à Joukovski
Sur le site de l’Institut de recherche aéronautique Gromov, le chef de l’État a inspecté trois modèles destinés à incarner cette stratégie de souveraineté industrielle : le turbopropulseur Il-114-300, le court-courrier SJ-100 et le moyen-courrier MC-21. Visite réalisée en présence du premier vice-Premier ministre Denis Mantourov, du vice-Premier ministre Vitali Savelyev, du ministre de l’Industrie Anton Alikhanov, du ministre des Finances Anton Silouanov, ainsi que du PDG de Sberbank, Guerman Gref, et du chef de l’OAK (Société unie de construction aéronautique), Vadim Badekha.
L’Il-114-300, conçu pour transporter jusqu’à 68 passagers, doit remplacer les vieillissants Antonov An-24 et An-26 encore en service sur certaines liaisons régionales. Le ministre des Transports Andreï Nikitine avait précédemment indiqué qu’une livraison de trois exemplaires était attendue dès 2026, suivie d’un nombre comparable en 2027, avant une montée en cadence progressive de la production.
Une accélération jugée nécessaire
Si le bilan dressé par Poutine se veut positif, le président a également pointé un rythme de production qu’il estime insuffisant. « Tout doit être fait plus vite. J’aimerais vraiment que tout cela aille plus vite et à plus grande échelle », a-t-il déclaré lors de la réunion, selon des propos relayés par l’agence RIA Novosti.
Le chef de l’État a rappelé qu’une série de mesures d’urgence avait été adoptée dès 2022, à la suite des sanctions occidentales visant le secteur aérien russe, avec pour objectif de soutenir les compagnies nationales et de maintenir l’accessibilité du transport aérien pour les citoyens. Ces objectifs auraient été globalement atteints, selon le président russe, qui n’a toutefois pas détaillé de données chiffrées sur la flotte actuellement en exploitation.
La filière des moteurs, indicateur revendiqué de souveraineté
Au-delà des cellules d’avions, Poutine a insisté sur la capacité industrielle russe à produire des moteurs aéronautiques de bout en bout. Selon lui, la Russie figurerait parmi les quatre pays au monde en mesure d’assurer l’intégralité du cycle de production de ces équipements, un critère qu’il associe directement au niveau de souveraineté technique et industrielle du pays. Le président a également souligné que la capacité à concevoir une gamme complète d’avions militaires et civils ne serait partagée que par un nombre restreint d’États, les autres marchés devant recourir à une coopération internationale élargie pour produire leurs appareils.
La prochaine échéance concrète à surveiller reste la livraison effective des trois premiers Il-114-300, annoncée pour 2026, suivie d’un même volume en 2027. Le respect de ce calendrier, dans une filière où les retards de certification et de série sont fréquents, déterminera la portée réelle des annonces faites à Joukovski.



