Égypte - Éthiopie : Trump se pose en médiateur dans l'affaire du barrage de la Renaissance

Le président américain Donald Trump a proposé son rôle de médiateur entre l’Égypte et l’Éthiopie dans le dossier du barrage de la Renaissance, lors d’un entretien bilatéral avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en marge du sommet du G7 organisé à Évian du 15 au 17 juin. Les deux dirigeants se sont retrouvés sur les rives du lac Léman pour la troisième fois en moins d’un an, après leurs rencontres de Charm el-Cheikh, en octobre 2025, et de Davos, en janvier dernier.

Devant son homologue égyptien, le président américain a évoqué l’ouvrage hydroélectrique construit sur le Nil bleu, en territoire éthiopien, qu’il a déjà désigné comme le plus grand barrage du continent africain. Il a rappelé que sa mise en service restreint le débit du fleuve vers l’aval, où l’agriculture égyptienne dépend largement de cette ressource.

Une médiation proposée depuis janvier

Le sujet n’est pas nouveau entre les deux dirigeants. En janvier, la Maison Blanche avait rendu publique une lettre de Donald Trump proposant sa médiation entre Le Caire et Addis-Abeba sur ce dossier. La présidence égyptienne avait alors salué cette initiative dans un communiqué, réaffirmant l’engagement de l’Égypte en faveur d’une coopération avec les pays du bassin du Nil fondée sur le droit international, sans préjudice pour aucune partie.

À Évian, Donald Trump est allé plus loin dans son récit personnel du dossier. Il a expliqué avoir été proche d’un accord entre les deux pays à la fin de son premier mandat, avant que ce travail ne soit interrompu après son départ de la Maison Blanche. « J’avais réglé cet accord, puis nous avons eu une élection truquée, et quelqu’un est arrivé qui n’y connaissait pas grand-chose à cela », a-t-il déclaré, visant sans le nommer son successeur démocrate, Joe Biden.

Une pression égyptienne accrue à Évian

Au-delà de l’échange verbal, la délégation égyptienne a profité du sommet pour demander à l’administration américaine d’exercer une pression supplémentaire sur Addis-Abeba, afin d’obtenir un accord contraignant sur la gestion du barrage. Selon le quotidien émirati The National, Le Caire chercherait également à obtenir, par ce biais, une latitude accrue pour exporter des armements vers ses alliés de la Corne de l’Afrique, dans le cadre de sa stratégie de pression sur l’Éthiopie.

Cette participation au G7 n’est que la deuxième pour Abdel Fattah al-Sissi depuis son élection en 2014, la première remontant à 2019. Le format restreint du sommet montre, selon la même source, le rôle accordé par les puissances occidentales à l’Égypte dans les dossiers régionaux, du Liban à Gaza en passant par le Yémen.

Le président égyptien a, pour sa part, salué publiquement son homologue américain, le qualifiant de dirigeant respecté dans le monde entier. Aucun calendrier de négociation n’a toutefois été annoncé à l’issue de la rencontre, et le différend sur le partage des eaux du Nil reste, à ce stade, sans solution contraignante entre Le Caire et Addis-Abeba.

Laisser un commentaire