Intelligence Artificielle : le Bénin veut devenir une référence éducative en Afrique

150 jeunes Béninois en compétition, un classement honorable à l’international dès la première tentative, et une ambition continentale affichée sans détour : le Bénin lance officiellement ses Olympiades Nationales d’Intelligence Artificielle (NOAI), ce 27 juin 2026, comme levier stratégique de puissance éducative sur le continent.

Un dispositif interministériel pour les talents

Le concours réunit 150 candidats sélectionnés à l’échelle nationale sous la coordination conjointe de quatre institutions : le Ministère de la Transformation Digitale et de l’Innovation (MTDI), le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS), le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP) et l’Agence de Développement de Sèmè City (ADSC).

L’objectif déclaré est de constituer une équipe nationale de huit jeunes qui représentera le Bénin aux Olympiades Internationales d’Intelligence Artificielle (IOAI 2026), prévues à Astana, Kazakhstan, du 2 au 8 août 2026. Le ministre Mahuna AKPLOGAN, en charge de la stratégie nationale d’IA, fixe le cap sans ambiguïté : « Notre ambition est claire : faire du Bénin une référence africaine de l’éducation à l’intelligence artificielle. »

Cette ambition est appuyée par un résultat tangible : pour sa première participation aux Olympiades internationales en 2025, le Bénin s’est classé 30e sur 78 équipes issues de 62 pays. Le pays fait également partie des deux seuls États africains à avoir obtenu une distinction individuelle, grâce à la mention honorable décernée à Merveille AGBOSSAGA.

Seize lauréats, un bootcamp, une sélection finale de huit

À l’issue de la compétition nationale du 27 juin, 16 lauréats seront sélectionnés pour suivre un programme d’excellence intensif. Celui-ci prévoit la distribution de kits pédagogiques spécialisés, un renforcement technique poussé ainsi qu’un bootcamp axé sur la résolution de problèmes complexes, l’anglais scientifique et le travail en équipe, sous la supervision d’experts et de mentors tout au long de la formation.

Par la suite, les huit meilleurs candidats seront retenus pour former l’équipe nationale officielle. Ce dispositif s’inspire des modèles déjà appliqués dans des pays comme la France ou la Chine, qui organisent depuis plusieurs années des processus de sélection structurés pour les compétitions internationales d’intelligence artificielle, avec des performances régulières parmi les meilleures au monde.

L’IA comme axe de souveraineté éducative

Le lancement de ces Olympiades nationales intervient au moment où plusieurs pays africains accélèrent leurs investissements dans la formation aux technologies de pointe. Le Bénin positionne la compétition comme un mécanisme permanent d’identification des talents. L’ADSC, hub d’innovation basé à Sèmè City, apporte la dimension opérationnelle et l’ancrage dans l’écosystème tech régional.

Le rendez-vous d’Astana, prévu dans moins de six semaines, constituera le premier test grandeur nature de cette mécanique de sélection accélérée. Le résultat de 2026 servira de véritable étalon pour mesurer la solidité du modèle.

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