Une start-up chinoise affirme pouvoir poser un implant cérébral en dix minutes sans ouvrir le crâne, une approche qui pourrait accentuer la concurrence avec Elon Musk et Neuralink dans le secteur des interfaces cerveau-ordinateur.
Une implantation par les vaisseaux sanguins
La méthode développée à Shanghai repose sur un principe différent de celui utilisé par Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk. Le dispositif de StairMed serait introduit par une veine du cou, puis guidé à travers le réseau vasculaire jusqu’à la zone ciblée du cerveau. Il pourrait ensuite être fixé depuis l’intérieur du vaisseau.
Selon le South China Morning Post, Zhao Zhengtuo, cofondateur de StairMed, a présenté cette technologie lors du Sommet mondial de la santé à Hong Kong. Le médecin Duan Wanru, de l’hôpital Xuanwu, estime qu’un chirurgien disposant de quatre à cinq ans d’expérience pourrait positionner le dispositif « en aussi peu que 10 minutes ».
Cette durée reste toutefois une estimation. StairMed n’a pas encore commencé les essais cliniques sur l’être humain avec cette méthode. La procédure a jusqu’ici été expérimentée sur des moutons. Le délai annoncé ne constitue donc pas encore une performance médicale établie chez l’humain.
La start-up a toutefois déjà attiré des capitaux importants. Elle a levé plus de 1,1 milliard de yuans, soit environ 163 millions de dollars, au cours de l’année écoulée, avec le soutien de groupes chinois comme Tencent et Alibaba, selon le South China Morning Post.
Neuralink poursuit d’autres applications
La comparaison avec Neuralink ne se limite pas à la méthode chirurgicale. L’entreprise américaine poursuit ses essais sur des interfaces capables de traduire les signaux cérébraux en commandes numériques.
Selon les informations publiées par Neuralink, ses participants aux essais cliniques utilisent déjà l’implant pour contrôler des ordinateurs et des bras robotiques par la pensée. En janvier 2026, l’entreprise indiquait avoir 21 participants engagés dans ses essais à travers le monde. Neuralink présente cette technologie comme un moyen de permettre à des personnes paralysées de contrôler directement des ordinateurs, des téléphones et des membres robotisés.
L’entreprise travaille aussi sur Blindsight, un dispositif expérimental destiné à restaurer une forme de perception visuelle chez des personnes ayant perdu la vue. Neuralink indique avoir obtenu pour ce projet la désignation « Breakthrough Device » de la FDA américaine. Le dispositif chercherait à contourner les voies naturelles reliant l’œil au cerveau en stimulant directement les régions cérébrales impliquées dans la vision.
Pékin cherche plusieurs acteurs chinois
La compétition ne repose pas sur StairMed seule. Le South China Morning Post rapporte que Pékin cherche à faire émerger deux ou trois acteurs chinois capables de compter parmi les leaders mondiaux des interfaces cerveau-ordinateur d’ici 2030.
L’enjeu porte donc autant sur la technique que sur la capacité à transformer les prototypes en produits médicaux. La Chine cherche à développer des solutions moins invasives, tandis que Neuralink poursuit l’amélioration de ses implants et l’élargissement de leurs usages.
La différence entre les deux approches pourrait ainsi devenir un élément majeur de la compétition : réduire la difficulté de l’implantation d’un côté, multiplier les capacités offertes par l’interface de l’autre.



