Iran : Trump doute de l'origine américaine du missile qui a tué des écolières à Minab

Donald Trump a relativisé mercredi le rôle de l’armée américaine dans la frappe meurtrière contre une école du sud iranien, à Minab, survenue le 28 février et qui a coûté la vie à des dizaines d’écolières. Le président américain s’est exprimé à la Maison Blanche, en marge d’un entretien avec le chef de l’Alliance atlantique, Mark Rutte.

Un doute opposé aux conclusions du New York Times

L’établissement visé, l’école primaire de filles Shajareh Tayyebeh, avait été touché par des tirs de missiles le premier jour de l’offensive lancée conjointement par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Le New York Times avait rapporté, en citant des sources gouvernementales américaines et des personnes proches du dossier, qu’un missile américain aurait causé la frappe à la suite d’une erreur de ciblage. Le quotidien new-yorkais avait souligné qu’aucune autre force engagée dans ce conflit ne dispose du type de missile identifié sur place.

Devant la presse, Donald Trump a contesté cette version : Quelqu’un a dit que c’était notre missile, eh bien, peut-être que ce n’était pas notre missile. Il avait initialement écarté toute implication de Washington avant d’accepter, dans un second temps, de se conformer aux résultats d’une enquête confiée par le Pentagone à un organisme extérieur. Mi-mai, l’institution militaire avait jugé ces travaux difficiles à mener mais sur le point de s’achever, sans fixer de calendrier pour leur publication. Israël, également impliqué dans l’offensive du 28 février, dément pour sa part toute responsabilité dans la frappe.

Plusieurs bilans pour une même tragédie

Le nombre de victimes a fait l’objet de plusieurs annonces successives depuis février. L’UNICEF avait évoqué en mars au moins 168 morts. Quelques semaines plus tard, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait dénoncé devant les Nations unies la mort de plus de 175 élèves et membres du personnel enseignant. Un décompte plus détaillé, attribué à un magistrat iranien et relayé en avril par la télévision d’État et des médias locaux, distinguait les victimes par catégorie : parmi les élèves, on comptait davantage de garçons (73) que de filles (47) ; s’y ajoutaient le personnel enseignant (26 personnes), des parents présents sur place (sept), ainsi qu’un chauffeur de bus scolaire et un pharmacien d’une clinique voisine. La même chaîne publique a depuis communiqué un bilan revu à la baisse, fixé à 155 morts dont 120 enfants.

Cette controverse sur les responsabilités intervient alors que l’exécutif américain cherche à financer la poursuite des opérations militaires. La Maison Blanche a sollicité mercredi le Congrès pour une enveloppe additionnelle avoisinant 88 milliards de dollars, destinée pour l’essentiel au ministère de la Défense. Une part d’environ 67 milliards de dollars serait fléchée vers le Pentagone afin de couvrir les dépenses liées aux opérations en cours et de reconstituer les réserves de munitions, selon les termes d’une lettre adressée aux parlementaires par le directeur du budget de la Maison Blanche, Russ Vought. L’enquête du Pentagone sur l’origine exacte du missile n’a, à ce stade, donné lieu à aucune publication de conclusions.

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