Iran – USA : la Russie revendique un rôle clé dans les avancées diplomatiques à l'ONU

Moscou affirme avoir contribué de manière décisive au rapprochement irano-américain en bloquant, avec la Chine, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU jugée contreproductive. Cette revendication a été formulée le 22 juin par Kirill Logvinov, directeur du Département des organisations internationales au ministère russe des Affaires étrangères, dans une interview accordée à l’agence TASS.

Selon le diplomate, le veto russo-chinois opposé le 7 avril à un projet de résolution portant sur la sécurité dans le détroit d’Ormuz aurait levé un obstacle au dialogue. « Il est révélateur qu’immédiatement après que nous et nos partenaires chinois avons bloqué ce projet de résolution, l’Iran et les États-Unis aient conclu des accords de cessez-le-feu », a déclaré Logvinov, estimant que les récentes annonces sur un accord de paix confirment « que l’approche russe est correcte ».

Un mémorandum signé, des négociations en cours

Les avancées que Moscou revendique en partie se sont concrétisées le 17 juin 2026, avec la signature électronique d’un mémorandum d’entente entre Donald Trump et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Ce texte-cadre a notamment acté la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour environ 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures, et la levée du blocus naval américain.

Ce mémorandum a ouvert une phase de négociations de 60 jours, dont les premiers entretiens directs ont débuté dans la nuit du 21 au 22 juin au Bürgenstock Resort, complexe hôtelier perché au-dessus du lac des Quatre-Cantons, en Suisse. Le Qatar et le Pakistan — dont le Premier ministre Shehbaz Sharif avait annoncé en premier la conclusion de l’accord-cadre — agissent comme médiateurs. La Suisse joue le rôle de facilitatrice logistique et diplomatique, sans prendre part aux discussions.

La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire Steve Witkoff et de Jared Kushner. Côté iranien, outre Ghalibaf, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati participent aux échanges. À l’issue de la première session, Araghchi a évoqué des « progrès majeurs ». Les médiateurs ont annoncé la mise en place d’une cellule de gestion des conflits pour le Liban et l’établissement d’une ligne de communication bilatérale pour sécuriser le transit dans le détroit d’Ormuz.

Moscou en arbitre autoproclamé, Pékin en allié discret

La posture russe tranche avec le rôle central joué par le Qatar et le Pakistan dans le processus. En se présentant comme un acteur ayant « préservé une atmosphère non conflictuelle », Moscou cherche à se repositionner sur un dossier régional dont il avait été largement exclu. Logvinov a insisté sur l’opposition de Moscou à toute initiative « unilatérale » à l’ONU susceptible de « prédéterminer l’issue du processus de négociation ».

Les pourparlers techniques au Bürgenstock doivent se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine du 22 juin. L’accord final — portant sur le programme nucléaire iranien, le sort des stocks d’uranium enrichi sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et la levée progressive de sanctions américaines — devra être conclu dans un délai de 60 jours à compter du 17 juin, soit avant la mi-août 2026.

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