Depuis février 2026, le Nigeria et les États-Unis ont officialisé un partenariat militaire renforcé, avec le déploiement d’environ 200 soldats américains chargés de la formation, du renseignement et de l’appui logistique aux forces nigérianes contre les groupes djihadistes du nord-est. Le 16 mai, les deux pays ont lancé des opérations militaires conjointes contre Boko Haram et l’ISWAP dans cette même région. L’armée nigériane vient d’y enregistrer l’une de ses plus importantes opérations de sauvetage depuis le début de la campagne.
Des troupes de l’Opération Hadin Kai ont secouru 360 civils — hommes, femmes et enfants — retenus en captivité par la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS) de Boko Haram dans une enclave fortifiée des montagnes de Mandara, dans le sud de l’État de Borno. L’opération a été conduite le 6 juin 2026 sur plusieurs axes simultanés, selon une déclaration du commandant du théâtre Nord-Est, le major-général Abdulsalam Abubakar.
Les otages avaient été enlevés lors d’une attaque terroriste sur la localité de Ngoshe le 3 mars 2026. Certains étaient retenus depuis plus de trois mois dans ce camp retranché au cœur des montagnes de Mandara, zone connue pour abriter les bastions de la faction JAS dirigée par Ali Ngulde.
Forces spéciales et guerre du renseignement
Selon le porte-parole de l’état-major de l’OPHK, le lieutenant-colonel Haruna M. Sani, l’opération a mobilisé des unités des forces spéciales et des soldats du Secteur 1 après plusieurs semaines de préparation fondée sur du renseignement humain (HUMINT), électromagnétique (SIGINT) et des missions de surveillance par drones. Dans une première phase, les forces spéciales ont mené des missions de déstabilisation dans les camps terroristes, permettant ensuite aux troupes de la 26e Brigade de la Force opérationnelle d’extraire les captifs. Depuis l’attaque de Ngoshe, l’armée nigériane avait déjà procédé à la libération progressive d’une soixantaine de personnes lors d’opérations antérieures dans le même couloir Amuda-Gava.
Deux nourrissons décédés
L’opération a été endeuillée par la mort de deux nourrissons, décédés d’épuisement lors de l’extraction à travers le terrain accidenté des montagnes de Mandara, a précisé le major-général Abubakar. Le commandant a déclaré : « Les civils secourus faisaient partie des habitants enlevés lors de l’attaque terroriste sur la communauté de Ngoshe le 3 mars 2026. »
Retour des déplacés en suspens
Les rescapés ont été acheminés vers des structures d’accueil. Le sénateur Ali Ndume, représentant du Borno Sud, a appelé le gouvernement fédéral à mobiliser un soutien pour permettre le retour des déplacés dans leurs communautés d’origine. Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a été associé aux remerciements officiels pour son rôle dans la coordination des opérations de sécurité dans la région.
