Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a annoncé lundi 16 juin 2026 devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève que les autorités iraniennes ont exécuté au moins 40 personnes depuis le début de l’année, dont 18 manifestants, sous couvert de motifs liés à la « sécurité nationale ».
Ces exécutions font suite à la répression du mouvement de contestation qui avait éclaté fin décembre 2025, initialement déclenché par des difficultés économiques avant de se transformer en soulèvement politique. Selon l’Organisation iranienne des droits de l’homme (IHRNGO), basée en Norvège, au moins 3 428 protestataires auraient été tués par les forces de sécurité iraniennes lors du pic des violences entre le 8 et le 12 janvier 2026, et plus de 10 000 personnes arrêtées.
Des milliers de détenus sous la menace
Le bilan des exécutions s’est alourdi progressivement depuis mars. L’OHCHR avait déjà signalé, fin avril, l’exécution d’au moins 21 personnes depuis le début du conflit régional, dont neuf en lien direct avec les protestations de janvier, dix pour appartenance présumée à des groupes d’opposition, et deux pour espionnage. Plus de 4 000 personnes ont par ailleurs été arrêtées sur des chefs d’inculpation liés à la sécurité nationale depuis fin février.
Türk avait appelé dès le 27 février à un moratoire immédiat sur l’application de la peine de mort en Iran, après qu’au moins huit condamnations à mort, dont deux concernant des mineurs, eurent été prononcées en lien avec les manifestations.
L’Iran, deuxième pays exécuteur au monde
L’Iran figurait déjà parmi les États les plus recoureurs à la peine capitale avant ces événements. En 2025, au moins 1 500 personnes y avaient été exécutées, soit une hausse de 50 % par rapport à l’année précédente, selon les données compilées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Le pays reste le deuxième État exécuteur au monde, derrière la Chine.
Lundi, Türk a par ailleurs salué l’accord de cessez-le-feu annoncé dimanche entre Washington et Téhéran, appelant « toutes les parties à faire preuve d’une retenue maximale » pour en assurer la mise en œuvre. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devrait examiner prochainement les suites à donner aux alertes répétées de son Haut-Commissariat sur la situation en Iran.



