À la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique depuis le 11 juin, Lionel Messi et Kylian Mbappé affichent des cadences de buteurs inédites après deux journées de phase de groupes. L’Argentin occupe seul la tête du classement avec cinq réalisations, devant le capitaine des Bleus et le Norvégien Erling Haaland, tous deux crédités de quatre buts. Ces temps de passage raniment une question que le football mondial n’avait plus osé poser depuis soixante-huit ans : le record absolu de buts sur une seule édition, 13, détenu par le Français Just Fontaine depuis 1958, peut-il tomber ?
Fontaine avait inscrit ce total en six matchs lors du Mondial en Suède, une performance que ni le Hongrois Sándor Kocsis (11 buts en 1954), ni l’Allemand Gerd Müller (10 en 1970) n’ont jamais approchée. Seuls trois joueurs dans toute l’histoire du tournoi ont franchi la barre des dix buts sur une même édition. Cette marque, longtemps considérée comme intouchable, est désormais dans toutes les conversations au moment où le Mondial bascule vers la phase à élimination directe.
Des rythmes de passage qui relancent la question
Messi totalise 5 buts en deux matchs, Mbappé compte 4 buts — un rythme qui pourrait permettre à l’un d’eux de faire tomber l’un des records les plus mythiques de l’histoire du football. Pour atteindre 13 buts, Messi devrait en inscrire 8 supplémentaires sur les cinq à six matchs qui lui restent si l’Argentine va jusqu’en finale. Mbappé, lui, en est à 9 manquants. Le rythme actuel — 2,5 buts par match pour l’Argentin, 2 pour le Français — rendrait mathématiquement l’objectif atteignable, à condition que les deux équipes aillent au bout du tableau.
Messi, qui dispute vraisemblablement son dernier Mondial, est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la compétition en portant son total à 18 réalisations sur l’ensemble de sa carrière en phase finale, effaçant le record de Miroslav Klose. Mbappé, à 27 ans et lors de sa troisième participation, totalise 16 buts en seulement 16 matchs, là où Klose en avait disputé 24 sur quatre éditions.
Un format qui ouvre une fenêtre inédite
Le nouveau format de la compétition joue un rôle décisif : la nation qui ira au bout disputera huit matchs au total, contre six pour Fontaine en 1958. Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, 48 équipes participent à cette édition, réparties en 12 groupes de quatre, avec une phase à élimination directe débutant dès les seizièmes de finale. Ce tour supplémentaire constitue une opportunité arithmétique que les éditions précédentes n’offraient pas aux candidats au record.
Mbappé, interrogé après son doublé face à l’Irak, a balayé l’idée d’un duel avec Messi : « Je ne pense pas au titre de meilleur buteur. Pour moi, c’est d’abord important d’avoir un cadre collectif pour être sûrs de nos forces. » Haaland et Vinicius Jr., également à quatre buts, restent à l’affût et pourraient perturber ce face-à-face à distance entre les deux stars. La France affrontera la Norvège le 26 juin pour son dernier match de poules — un duel direct Mbappé-Haaland. L’Argentine jouera la Jordanie le 28 juin. La finale est prévue le 19 juillet au MetLife Stadium de New York.



