Netanyahou nie les tensions avec Trump et évoque une « bonne relation »

Deux dirigeants, un appel explosif, et pourtant : Benjamin Netanyahou a choisi mardi 30 juin de tordre le cou à la narration d’une alliance fissurée, affirmant sur les ondes israéliennes que ses échanges avec Donald Trump, aussi vifs soient-ils, ne menacent pas le socle de la relation américano-israélienne.

Netanyahou défend la relation Washington-Tel Aviv sur un plateau télévisé

Invité de l’émission Patriots, animée par Yanon Magal sur la chaîne israélienne Channel 14, le Premier ministre israélien a choisi une métaphore domestique pour montrer sa vision du duo américano-israélien. « Je voudrais vous demander : êtes-vous ici une famille unie ? Vous êtes d’accord sur toutes choses », a-t-il lancé à son interlocuteur, signifiant que des désaccords ponctuels ne remettent pas en question l’alliance de fond. « La relation est très bonne », a-t-il tranché, sans laisser de place au doute. Interrogé sur les propos peu amènes que Trump a pu tenir à son égard, Netanyahou a concédé que ce n’était « pas la première fois » que le président américain s’exprimait de façon abrupte, tout en assurant que la situation ne dégénérerait pas en conflit ouvert.

Sur le bilan militaire, le chef du gouvernement a dressé un tableau offensif de ce qu’Israël a accompli depuis le déclenchement des hostilités. Face au journaliste Avishai Ben Haim, qui lui rappelait ses propres promesses de « victoire complète », Netanyahou a revendiqué des résultats qui, selon lui, dépassent les objectifs initiaux : « Qui imaginait que nous attaquerions avec les États-Unis en Iran, avec le contrôle de Gaza et une zone de sécurité au Liban », lui a soufflé son interlocuteur. Le Premier ministre a enchaîné en détaillant trois axes : la libération d’otages, que « personne ne croyait possible » ; la neutralisation de la menace militaire depuis Gaza ; et l’élimination de cadres du Hamas, citant notamment Ezz a Din Al Haddad, dont la mort n’aurait, selon lui, suscité « zéro » réaction de la part de l’organisation. Le troisième objectif — le démantèlement du gouvernement civil du Hamas — reste, a-t-il dit, en cours.

Trump avait pourtant publiquement reconnu la friction

Le discours lissé de Netanyahou tranche avec les déclarations récentes de son allié américain. Fin mai 2026, les deux dirigeants ont eu un appel qualifié de « difficile » par des sources américaines et israéliennes, au cours duquel Trump aurait choisi de suspendre des frappes planifiées contre l’Iran pour privilégier une voie diplomatique pilotée par le Qatar et le Pakistan — une orientation que Netanyahou rejetait, plaidant pour une reprise immédiate des opérations militaires.

Trump avait ensuite reconnu publiquement avoir traité le Premier ministre de « fou » lors de cet échange, affirmant avoir été « un peu contrarié » par l’insistance d’Israël à poursuivre ses opérations contre le Hezbollah au Liban, jugées incompatibles avec les efforts de paix en cours avec Téhéran. Plus explicite encore, il avait mis en garde son allié : « Tu pourrais te retrouver seul contre l’Iran très bientôt », selon des propos rapportés par le média israélien Channel 12 et confirmés par un responsable de la Maison-Blanche à Newsweek.

Une divergence stratégique qui reste entière

Au-delà des formules diplomatiques, le désaccord de fond demeure : Washington cherche un accord négocié avec Téhéran, incluant un contrôle strict du programme nucléaire iranien, tandis que le gouvernement israélien milite pour un démantèlement militaire des capacités de l’Iran et du Hezbollah. Les pourparlers, menés par les médiateurs pakistanais et qatari, ont abouti à une feuille de route visant un accord définitif dans un délai de 60 jours, après une première séance tenue en Suisse au Bürgenstock.

Ce mardi 30 juin, l’émissaire américain Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner sont arrivés à Doha pour un nouveau cycle de discussions, les négociations portant à la fois sur l’Iran, le Liban et la situation dans le détroit d’Ormuz. Israël, tenu à l’écart de ces tractations, n’a pas cautionné la feuille de route en cours d’élaboration — une mise à l’écart qui cristallise la frustration de Netanyahou face à l’approche américaine.

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