Aucune pénurie de munitions ne freine les opérations américaines face à l’Iran, a affirmé le président Donald Trump dimanche. Dans une déclaration au Wall Street Journal, il a réagi à des informations selon lesquelles des stocks limités auraient pesé sur les décisions militaires de Washington.
Un démenti présidentiel appuyé
« Nous avons beaucoup plus de munitions que n’importe qui d’autre dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin« , a déclaré Trump au quotidien économique. Le président a diffusé sur son réseau Truth Social des visuels générés par intelligence artificielle représentant des frappes sur des sites iraniens.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a tenu des propos similaires lors d’un point presse, assurant que les États-Unis disposent de stocks d’armes « dans des endroits que beaucoup de gens dans le monde ne connaissent même pas« .
Des généraux prudents en coulisses
Le tableau dressé en interne diffère du discours public. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, aurait alerté la Maison-Blanche sur la baisse des stocks d’intercepteurs de défense aérienne, selon des responsables cités par le Wall Street Journal. Il estimerait qu’une pénurie représenterait un risque accru en cas de reprise des frappes, plutôt qu’un obstacle ayant empêché une action militaire.
L’amiral Brad Cooper, commandant du Centcom, partagerait une analyse comparable. Selon lui, les forces américaines resteraient capables de gérer une pénurie de munitions si les frappes reprenaient, une attaque approuvée pouvant endommager fortement les capacités de tir de missiles de l’Iran.
Des responsables ont indiqué que l’armée iranienne adapte en permanence ses trajectoires de tir pour contourner les défenses antiaériennes, ce qui oblige les forces américaines à consommer davantage d’intercepteurs. Les alliés du Golfe feraient face à des difficultés similaires, après avoir puisé largement dans leurs réserves.
Un enjeu de sécurité nationale invoqué
La Maison-Blanche a justifié l’absence de chiffres précis sur les stocks américains en évoquant un risque pour la sécurité nationale. Cette position empêche toute vérification indépendante des estimations avancées de part et d’autre.
Le conflit actuel fait suite à une campagne de bombardements de treize jours consécutifs menée par les États-Unis contre des installations iraniennes. Les intercepteurs Patriot, sollicités durant cette période, figurent parmi les systèmes d’armement les plus coûteux et les plus longs à reconstituer de l’arsenal américain, un défi documenté par le Center for Strategic and International Studies dans un rapport publié en avril.
Les envoyés du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff et Jared Kushner, poursuivraient des discussions directes et indirectes avec des responsables iraniens par l’intermédiaire de médiateurs régionaux.



