Nigéria : un sénateur appelle à l'installation d'une base militaire américaine à Borno

Le sénateur Ali Ndume, représentant le district sénatorial de Borno Sud, a réclamé lundi 8 juin 2026 l’établissement d’une base militaire américaine dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. Interrogé sur Channel Television dans l’émission Politics, l’élu a plaidé pour une présence permanente des forces américaines dans les monts Mandara afin de démanteler les réseaux de Boko Haram qui y sont implantés.

Une géographie exploitée par les insurgés

Ndume a décrit les axes de déplacement utilisés par les combattants djihadistes pour se déplacer et se ravitailler à travers l’État. « Depuis Sambisa, ils peuvent se rendre au lac Tchad et passer par la route à Kaga. Depuis Kaga, ils peuvent passer par Mandaragirau ou Buni Yadi et passer à Gwoza », a-t-il expliqué, soulignant que ces corridors frontaliers avec le Cameroun permettent aux insurgés de se replier hors de portée des forces nigérianes.

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Pour couper ces routes d’approvisionnement, le sénateur cible explicitement les monts Mandara comme point d’ancrage stratégique. « J’aimerais qu’ils puissent établir leur base sous les montagnes Mandara et chasser tous ces éléments de Boko Haram de là », a-t-il déclaré, précisant que les Américains « disposent de la technologie nécessaire pour surveiller » l’ensemble de la zone jusqu’à Sambisa. Ndume a également mis en cause les capacités actuelles des forces nigérianes : « Tu ne peux pas faire ça sans équipe et assez de troupes sur le terrain. L’armée nigériane a besoin de ressources. »

Une demande portée par une recrudescence des violences

L’appel du sénateur intervient après plusieurs semaines de violences dans l’État de Borno. Le 16 mars 2026, trois attentats-suicides attribués à Boko Haram ont tué au moins 27 personnes à Maiduguri. En mai, des hommes armés ont enlevé entre 35 et 43 élèves d’une école primaire du village de Mussa, dans le district d’Askira Uba, en lisière de la forêt de Sambisa. Le 7 juin, une opération militaire menée dans les monts Mandara a permis de libérer 360 femmes et enfants retenus en captivité par Boko Haram — deux nourrissons n’ont pas survécu aux conditions de détention.

Ces événements relèvent d’une coopération sécuritaire déjà active entre Abuja et Washington. À la mi-mai 2026, les présidents Tinubu et Trump avaient conjointement annoncé la neutralisation d’Abou Bilal al-Minuki, présenté par les autorités américaines comme le numéro deux mondial de l’État islamique, lors d’une opération conjointe au Nigeria.

Ndume a conclu son intervention en réitérant son soutien à un engagement américain renforcé : « Je suis totalement en soutien. En fait, je fais appel. Laissez les Américains aller à Gwoza et prendre le contrôle des montagnes Mandara, s’il vous plaît. » Aucune réaction officielle du gouvernement fédéral nigérian ni de l’administration américaine n’avait été rendue publique au moment de la publication de cet article.

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