ONU : l'AES rejette les conclusions du rapport sur les enfants et les conflits armés

La Confédération des États du Sahel (AES) a officiellement rejeté les conclusions du rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés lors d’une séance du Conseil de sécurité, le 25 juin 2026 à New York. La déclaration a été prononcée devant le Conseil de sécurité par l’ambassadeur du Burkina Faso auprès des Nations Unies, Saïdou Zongo, au nom des trois États membres — Mali, Burkina Faso et Niger.

Ce rejet intervient alors que l’ONU dresse un tableau critique de la situation humanitaire au Sahel central. En juin 2026, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, avait qualifié la région de « dangereux point de basculement« , tandis que le Secrétaire général António Guterres évoquait une « urgence humanitaire » aggravée par des attaques djihadistes au Mali en avril. L’UNICEF estimait pour sa part à 7,5 millions le nombre d’enfants nécessitant une aide urgente dans la région. C’est dans ce cadre que le rapport sur les enfants et les conflits armés, présenté lors du débat consacré au renforcement de la protection de l’éducation, a placé les trois pays de l’AES parmi les situations surveillées.

Une terminologie contestée au fond

Le premier grief de l’AES porte sur le cadre conceptuel du rapport. La Confédération conteste l’inclusion de ses États membres dans un document consacré aux conflits armés, estimant que les violences auxquelles ils font face relèvent de la lutte antiterroriste et non d’un conflit entre parties. L’ambassadeur Zongo a relevé que des expressions comme « groupes armés », « parties au conflit » ou « forces progouvernementales » ne correspondent pas aux réalités de terrain dans ces pays.

Le point le plus sensible tient au traitement réservé à certaines entités. L’AES a dénoncé le fait que des organisations explicitement désignées comme terroristes par des résolutions du Conseil de sécurité lui-même soient présentées dans le rapport comme des « parties au conflit » — une qualification qui, selon la Confédération, pourrait être interprétée comme une forme de reconnaissance implicite de leur statut. La délégation a demandé que la terminologie utilisée soit alignée sur les décisions et instruments des Nations Unies.

Un processus jugé non inclusif

Au-delà du fond, c’est la méthode d’élaboration du rapport qui est mise en cause. L’AES a déploré que les observations transmises par ses États membres dans le cadre de leur coopération avec l’ONU n’aient pas été prises en compte. Elle a également signalé que des extraits concernant ses pays avaient été repérés dans des médias jugés hostiles avant toute communication officielle aux gouvernements concernés.

La Confédération réclame une association des États à toutes les étapes du processus — de la collecte à la validation des données — ainsi qu’une communication préalable du contenu avant publication. Elle souhaite que le rapport devienne un outil de dialogue et de renforcement des capacités plutôt qu’un instrument de « stigmatisation ou de sanction », selon les termes employés par l’ambassadeur Zongo.

Un refus de souscription, une coopération maintenue sous conditions

Au terme de cette déclaration, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont formellement indiqué ne pas pouvoir souscrire aux conclusions et appréciations les concernant dans le rapport, exprimant leurs « plus sérieuses réserves ». La Confédération a toutefois précisé maintenir sa disponibilité à coopérer avec les Nations Unies, à condition que cette coopération repose sur un principe d’inclusivité.

Le rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, présenté au Conseil de sécurité en application de la résolution 1612 (2005), liste les parties — étatiques et non étatiques — accusées de violations graves contre les enfants. Son examen par le Conseil de sécurité peut déboucher sur des mesures ciblées. La prochaine séance du groupe de travail dédié à ce sujet est attendue dans les semaines suivant la présentation publique du rapport.

1 réflexion au sujet de “ONU : l'AES rejette les conclusions du rapport sur les enfants et les conflits armés”

  1. Aziz le trafiquant d’enfants et son adjoint Tchité sont d’accord avec ces 2+1 =3 dictateurs…c’est dommage. Il faut les arrêter

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