Ormuz : un proche du régime iranien défie Trump sur la question des péages

Le bras de fer continue sur l’avenir du détroit d’Ormuz. Quelques heures après que le président américain Donald Trump a exclu toute taxation du passage maritime, un universitaire iranien proche du pouvoir a publiquement contesté cette position, relançant les tensions autour de l’accord de cessez-le-feu signé entre Washington et Téhéran.

Trump exclut tout péage, sauf décision américaine

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social samedi soir, Trump a affirmé qu’aucun péage ne serait appliqué dans le détroit durant les 60 jours de la période de cessez-le-feu, ni après son expiration — à moins que les Etats-Unis eux-mêmes ne décident d’en imposer, en compensation de leur rôle de protecteur de la région. Le président américain a justifié cette réserve par « services rendus en tant qu’Ange Gardien » du Moyen-Orient. Ce message intervenait alors que le vice-président JD Vance s’envolait vers la Suisse pour entamer les négociations prévues par le protocole d’accord signé entre les deux pays.

Marandi répond : « il y aura des frais, c’est définitif »

Seyed Mohammad Marandi, professeur à l’Université de Téhéran et l’une des voix régulièrement invitées sur les chaînes occidentales pour défendre les positions de la République islamique, a répliqué en citant directement le message présidentiel : « Il y aura des frais. C’est définitif. »

Téhéran mise sur les « frais de service »

Cette prise de position reflète la ligne officielle iranienne. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a précisé que l’Iran n’entendait pas imposer de péage à proprement parler, mais facturer des frais de service couvrant l’assistance à la navigation, l’assurance des navires et des mesures de protection environnementale, gérées conjointement avec Oman. La distinction sémantique entre « péage » et « frais » est au cœur du désaccord : selon le droit international de la mer, un Etat riverain peut légalement facturer des prestations rendues, mais ne peut pas taxer le simple passage d’un navire dans un détroit international.

Une ligne rouge pour plusieurs capitales

La perspective d’un péage iranien a déjà suscité des réactions à l’international. Le président français Emmanuel Macron a déclaré vouloir défendre le droit international pour qu’aucun péage ne soit instauré. Du côté américain, Trump avait lui-même envisagé, plus tôt dans les négociations, que ce soit les Etats-Unis qui perçoivent une taxe de transit plutôt que l’Iran.

Le sort du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, reste suspendu à un différend qui dépasse la seule question financière et touche directement à la souveraineté sur l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde.

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